La France est au bord du crach

Publié le par le front anti-Hollande

Voici l'édito de Jean-Marc Sylvestre

Pour les milieux d’affaires, la semaine a encore été catastrophique. A tel point que beaucoup se demandent déjà si Manuel Valls ne cherche pas à quitter ce bateau qui ressemble de plus en plus au Titanic. Avec un équipage qui sait qu’on va dans le mur et une majorité politique qui nie la réalité. Un bateau où l’orchestre continue de jouer et beaucoup continuent de danser.

Une semaine encore catastrophique sur le front de l’économie, comme sur le terrain de la politique. La France serait donc au bord du crach.

Sur le front des affaires, rien ne va plus. On considère dans les grandes et dans les petites entreprises que les conditions de fonctionnement sont de plus en plus difficiles. Personne n’avait cru à une amélioration durable du chômage. Les chiffres publiés vendredi soir n’ont surpris personne et beaucoup considèrent que même si le chômage est bien indemnisé, ce n'est pas pour cela qu’il est supportable. Il est de moins en moins supporté.

Mais le chômage n’est que la résultante d’un déficit d'activité. Or, la France est en panne, c’est le pays européen le plus en panne. Tout le monde est d’accord sur le diagnostic. Nous avons perdu la compétitivité qui nous permettrait de pousser l'activité. La chambre de commerce américaine a été terrible en début de semaine en publiant son baromètre de l’attractivité qui casse son plus bas historique pour la France. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'on peut toujours dire que nous sommes les plus grands, les plus forts, les plus intelligents. Les autres, les clients, les fournisseurs, les investisseurs ne le croient pas. Donc ils nous ignorent. Le contexte économique et le contexte social ne permettent pas de faire des projets.

Ce n’est pas un problème de demande, elle existe : le déficit budgétaire est encore le marqueur le plus probant du soutien à la demande... Non, c’est un problème de prise de risque, d’instabilité fiscale et sociale et d’oxygène au niveau de l’innovation.

Ceci dit, cette situation n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau c’est que pour la première fois, la France sème le doute à Bruxelles. En ne respectant pas les engagements qui cimentent le contrat de solidarité de la zone euro, la France entame la crédibilité de la zone euro. Et si cette crédibilité est polluée ou abimée, les marchés, c’est-à-dire les épargnants (fonds d’épargne et caisses de retraite) vont mesurer le risque qu’ils prennent.

En clair, l’écosystème français ne permet pas aux investisseurs d’avoir confiance. Et si les investisseurs n’ont plus confiance, s’ils n’y voient pas clair, si l’Allemagne et Bruxelles qui nous prêtent leur triple A... Eh bien, les taux d’intérêt vont monter… 1 point de hausse des taux sur 2000 milliards de dettes, ça représente 20 milliards d’augmentation des frais financiers… Or, 1 point appartient aux hypothèses optimistes.

Alors on peut toujours affirmer à la tribune de l’Assemblée nationale ou sur des plateaux de télé que ça n’a aucune importance… ça ne change rien à la réalité. La France est en risque de crach obligataire. Et ce jour-là on n’aura pas d’autre choix que d’aller pleurer au FMI et à Bruxelles, qui nous imposeront un vrai plan de rigueur.

Ce jour-là approche. C’est une évidence pour tout le monde dans la mesure où la majorité présidentielle n’accepte pas les seules mesures qui permettraient de gagner un peu de temps et de se redresser. La majorité n’accepte pas les réformes parce qu’elles vont à l’opposé des promesses de François Hollande. On est donc au bord du crach politique.

Manuel Valls, qui n’a pas fait la campagne présidentielle, est moins tenu par les promesses. Par conséquent, il durcit sa position, confirme les réformes et essaie de prendre le pouvoir au sein du Parti socialiste… le départ de Montebourg, de Hamon, sa ligne politique social-libérale, le pacte de compétitivité, le budget, l’Europe, la compétitivité, la baisse des dépenses sociales, la réforme du droit du travail.

Si ça passe, il sort gagnant. Si ça casse, il aura semé son programme pour la prochaine élection. Manuel Valls défend une idée qui est partagée par la majorité des observateurs et des analystes : la gauche française est coupée en deux. Une gauche archaïque et passéiste, nourrie au Keynésianisme, à l’Etat tout puissant et au modèle social payé par la croissance… et une gauche moderne qui sait que ce modèle est mort. Il est mort parce que le monde s’est ouvert, que la révolution digitale change tout et que l’économie de marché s’est imposée partout sur la planète. On ne changera pas ce monde-là. On s’y adaptera.

Ce qui est terrible en France, c’est que l’opposition de droite est partagée par le même clivage. A droite aussi il y a des modernes, pro européens, libéraux… mais il y a aussi des conservateurs, étatistes, souverainistes… qui préfèrent l’ombre du clocher au vent du grand large, l’Etat providence plutôt que les risque d’une économie de marché.

Pas facile de faire des majorités qui puissent gouverner dans ces conditions. La France est au bord du crach.

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Publié dans France, économie, Gouvernement

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