Croissance : la gauche a tout faux…

Publié le par Daniel Houlle

RELANCE DE LA CROISSANCE : LA GAUCHE A TOUT FAUX

Le cercle vicieux de l’économie administrée.

Le raisonnement est simple : il ne faut pas faire trop d’économies parce que la baisse de la dépense publique empêcherait la croissance de redémarrer. Qui plus est, c’est par la dépense et la relance de la consommation qu’elle reviendrait.

Comme l’Etat est fauché de chez fauché, on attend que l’Europe fasse l’effort pour nous.

Voilà pourquoi notre Sapin-les-socquettes-roses-comme-ses-neurones s’accroche à sa demande de délai supplémentaire pour revenir à l’orthodoxie financière et fait la sourde oreille aux exigences des institutions européennes sur les réformes et les contreparties concrètes qui pourraient permettre de l’accorder.

Il préfère parler de « l’urgence d’une relance économique de la zone euro » sans voir que si celle-ci avait lieu, notre pays, en l’état actuel des choses, aurait toutes les chances de ne pas en profiter.

Car ce qui attend la France, c’est toujours et encore des impôts qui augmentent pour boucher le trou de déficits toujours plus importants que prévus. La communication du gouvernement annonce des projections de croissance optimistes (1% en 2015, 1,7% en 2016, 2% en 2017 et 2018) alors que les enseignements des dix dernières années et le diagnostic des économistes qui fait consensus indiquent clairement que la croissance sera moins bonne que prévu et ne devrait pas dépasser au mieux 1,5% à la fin de cette période. Voilà pourquoi, si l’on ne veut pas voir les impôts augmenter et les baisses de charges annulées pour compenser l’accumulation des déficits, il faut impérativement un programme d’économies beaucoup plus ambitieux que la fiction des « 50 milliards ».

En la matière, les socialistes continuent de raisonner à l’envers, en marchant sur la tête.

La fondation IFRAP vient de réaliser une étude, grâce à un modèle économétrique (Némésis), qui démontre que la dégradation du PIB est beaucoup plus forte et plus durable quand l’Etat agit par des hausses des prélèvements. Sur le moyen et long terme, la baisse des dépenses publiques est moins récessive et permet de renouer plus vite avec la croissance. Une trajectoire budgétaire plus volontariste que celle programmée pour 2014-2019, est largement possible. Pour cela, il faudrait réaliser une baisse d’au moins ½ point de PIB du déficit structurel par an et adopter une logique d’économies croissantes qui s’ajouteraient aux 50 milliards annoncés.

L’exemple espagnol.

C’est le chemin qu’a suivi l’Espagne. Elle apporte la preuve que la politique d’austérité fonctionne. Après la cure sévère, l’austérité commence à être adoucie par des baisses d’impôts sur le revenu et les sociétés, tout en maintenant un budget sévèrement contraint. La croissance est repartie vers les 2% en 2015 et le chômage commence à reculer. Le pays profite pleinement de la compétitivité retrouvée de ses entreprises, de la politique monétaire de la BCE qui facilite ses exportations, de la baisse du prix du pétrole, de la faible inflation qui appuie la reprise de la consommation et la modération des coûts de l’économie. A notre spirale de naufrage, l’Espagne oppose le cercle vertueux de la remontée vers la prospérité.

L’IFRAP indique le chemin que nous pourrions suivre.

D’abord faire coller la parole avec les actes. Sur les 21 milliards d’économies annoncés pour l’an prochain, 4,6 milliards sont très peu précisés voire pas du tout quand il s’agit du fonctionnement de l’Etat ou des prestations sociales. De plus, 3,7 milliards d’économies sont très incertains car ils s’appuient sur la baisse des dotations aux collectivités locales dont on ne peut pas être certain qu’elles diminueront leurs dépenses en conséquence. La réalité est que les dépenses publiques vont continuer à croître en valeur de 59 milliards d’ici à 2017 pour atteindre cette année-là 1280 milliards. Les 50 milliards d’économies restent une fiction.

L’organisme de recherche préconise un effort de 8 milliards d’économies supplémentaires à ajouter au 21 milliards prévus en 2015, puis 6 milliards supplémentaires en 2016, puis 3 milliards en 2017 et 2018 et enfin 1 milliards en 2019. Ces économies porteraient pour 50% sur les prestations sociales, pour 30% sur le fonctionnement des collectivités publiques et pour 20% sur l’investissement.

Parallèlement il faut se donner des objectifs de baisse des coûts de production des services publics assurés par l’Etat, les collectivités locales et les organismes sociaux. Les études montrent que les marges de manœuvre importantes existent.

La situation économique pourrait s’améliorer grâce à une nouvelle baisse des charges sur les entreprises –le Cice ne fonctionne pas- pour aller jusqu’au doublement de l’effort actuel. Avec un tel scénario, le déficit par rapport au PIB pourrait être ramené à 3,2% dès 2016.

Quelles sont les réformes demandées à la France par l’Union européenne ?

Sans entrer dans le détail, d’abord de baisser le coût du travail en réduisant les cotisations sociales patronales, réformer le système d’assurance-chômage afin qu’il encourage le retour à l’emploi, contrer l’augmentation des dépenses de santé, prendre des mesures pour ramener durablement le système des retraites à l’équilibre en 2020, éliminer les doublons administratifs et simplifier le mille-feuille des collectivités, faciliter l’accès aux professions réglementées, réduire les contraintes réglementaires qui régissent le commerce de détail, assurer la concurrence réelle des prix de l’énergie… autant de mesures qui nécessitent un peu de volonté politique mais ne sont pas insurmontables.

Les réponses que le gouvernement Valls tente d’esquisser vont dans le bon sens, mais restent encore trop timides pour produire l’effet escompté. Elles relèvent de la micron-chirurgie alors qu’il faudrait passer au stade… « Macron ».

Nos partenaires voient bien que l’on est dans la posture pour faire illusion, plus que dans l’action.

Source : Union Républicaine

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