L’imposture de la gauche

Publié le par Guy Millière

En regardant, ces derniers jours, les files s’allonger devant les Restos du cœur, en ob­servant les visages dans la rue, je n’ai pu m’empêcher de ressentir que la France va mal.

Non seulement, il y a de plus en plus de pauvres et de chômeurs, mais il y a fort peu de joie et d’espoir. En supplément, il y a l’asphyxie. Et, de surcroît, il y a les discours tenus par l’essentiel des commentateurs, qui contribuent à l’asphyxie.

La droite semble discerner que la France glisse vers un terrible déclin. Mais, lorsqu’elle a été au pouvoir, elle s’est montrée timide et n’a jamais osé enclencher des réformes capables de susciter un nouvel élan de liberté et de créativité.

La gauche, elle, ne semble rien discerner, ou fort peu. Elle se divise entre un clan dogmatique qui continue obstinément à vouloir appliquer des principes qui ont, dans le passé, fait la prospérité incontestable des dictatures communistes sur toute la planète et qui répète qu’il faut faire payer les riches, sans discerner que ces derniers sont déjà presque tous partis, et un clan un peu moins dogmatique qui, autour de Manuel Valls et Emmanuel Macron, entend injecter des doses homéopathiques de liberté dans une économie sclérosée par un ensemble de corsets socialistes contre lesquels l’homéopathie ne peut strictement rien (on parle d’un retour à la croissance pour 2015, avec le chiffre mirifique de 0,7 % !).

Dès lors qu’existent en parallèle les mesures ineptes et destructrices prises par Mmes Taubira et Vallaud-Belkacem, il n’y a rien à attendre de ce côté-là, sinon le pire.

Le Front National ayant repris, peu ou prou, le programme économique de Jean-Luc Mélen­chon, plus quelques idées protectionnistes ineptes, il n’y a rien à en attendre non plus.

La droite pourrait-elle se montrer différente et à la hauteur des enjeux ? J’aimerais le penser, mais je ne le pense pas.

Ce qui semble être son actuel livre de chevet, « Le suicide français » d’Éric Zemmour, est un ouvrage parsemé d’idées marxistes, étatistes, hostiles au monde tel qu’il devient, imprégné d’une incompréhension de ce que la mondialisation est un fait, pas une option, nimbé aussi d’obsessions anti-américaines qui relèvent d’une ignorance de ce qu’est l’Amérique.

Nous en sommes là, pour des raisons que je n’ai cessé de souligner depuis des années, en vain.

Il s’est mis en place en ce pays une hégémonie, au sens que le communiste italien Antonio Gramsci a donné à ce terme.

Bien que la gauche ne comprenne rien et n’apporte que la destruction, ses idées ont fonctionné comme des tumeurs et métastases, et qui sont désormais omniprésentes, jusque chez ceux qui s’imaginent être ses adversaires.

L’hégémonie des idées de gauche conduit au désastre total et à une mort lente, sans alternative. Elle conduit à l’absence de joie et d’espoir, et à l’asphyxie. Elle conduit à l’implosion de la société, et nous sommes dans l’implosion, que certains s’essaient encore vainement à nier ou dissimuler.

J’ai utilisé le mot « anomie » pour définir cette implosion dans le petit livre que j’ai récemment publié. Anomie : disparition des règles et repères permettant à une société de fonctionner.

L’anomie vient. Elle est déjà largement là. Parlant d’anomie, j’ai parlé d’imposteurs. Un imposteur est quelqu’un qui prétend être ce qu’il n’est pas.

L’hégémonie a placé des imposteurs dans tous les rouages cruciaux de la société ou, plus exactement, des imposteurs ont usé de l’hégémonie pour s’insinuer dans tous les rouages cruciaux de la société.

La plupart des imposteurs sont de gauche, ce qui est logique. La gauche est, en soi, la quintessence de l’imposture. Elle n’a cessé de prétendre apporter bonheur et prospérité. Elle n’a cessé, à des degrés divers, d’apporter le contraire. Elle n’a cessé de prétendre incarner la connaissance et la clarté. Elle n’a cessé d’incarner l’ignorance et l’obscurantisme.

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