La reprise en 2015 ? Eh non !

Publié le par le front anti-Hollande

Le navire France sombre

Le navire France sombre

La France veut croire à une reprise. C’est mignon, mais ça ne suffira pas : la reprise, ce ne sera pas encore pour 2015.

Depuis quelques années, la France en crise veut croire à une reprise. Mais la reprise, elle, ne veut pas. Elle ne voulait pas en 2013, pas encore en 2014, et toujours pas en 2015. 2016, peut-être ? Non plus, à moins que les hommes politiques fassent preuve du courage qui leur manque depuis plus de 40 ans, arrêtent de se saouler à la dépense publique et fassent enfin face aux problèmes du quotidien.

Il faut dire que les hommes politiques ont fait un mauvais mariage, et que le divorce est compliqué. Ils ont pris plusieurs épouses, et toutes n’en veulent qu’à leur argent. Enfin, pas vraiment le leur, celui des Français (mais pour eux, c’est pareil). Les hommes politiques le leur ont promis, et c’est bien la seule promesse qu’ils tiennent – avec le sang, la sueur et les larmes.

Ils ont épousé, après guerre, des syndicats mus par l’idéologie plus que par l’intérêt de leurs adhérents. D’ailleurs, des adhérents, ils n’en ont plus vraiment ; ils parviennent à peine à mobiliser les salariés désespérésaprès avoir tué leurs emplois. Mais de l’argent, ils en ont, et ils n’en ont jamais assez. C’est pourquoi à partir de janvier 2015, les salariés (il en reste) seront obligés de payer pour les syndicats qui s’ingénient à détruire leur emploi.

Ils ont épousé aussi, parfois de force, de nombreuses catégories de Français. Ils leur ont offert de jolies cages, brillantes et confortables, les protégeant de l’adaptation, de l’innovation et du changement. Ils les ont placé dans de jolies flacons en verre, étiquetés « monopole », « statut », « règlement », « norme » ou « acquis sociaux ». Et ces Français descendent dans la rue, ou la bloquent, pour défendre la licence que l’État leur impose. Pour défendre les indemnisations de non emploi grâce auxquelles ils n’en trouveront sans doute jamais. Pour que la culture ne soit pas une marchandise, et que les artistes n’aient ainsi pas besoin d’un public.

Ils ont épousé les médias, leur versant chaque année une pension qui leur évite d’avoir à faire leur travail. Mais après des années passées à la douce chaleur de l’autosatisfaction idéologique, à traquer les coupables désignés et enfoncer des portes béantes, ils en sont réduits à relayer les communiqués de presse et tendre le micro à qui veut bien parler pour ne rien dire de bien méchant.

Ils ont épousé le confort, la certitude, la stabilité. Ils ont déployé la force – tranquille, la rupture – dans la continuité, et le changement – maintenant, mais plus tard c’est bien aussi. Et ils ont petit à petit réduit le champ des possibles, jusqu’à déplorer des marges de manœuvre réduites alors qu’ils détiennent tous les étages du pouvoir et que l’administration est a priori acquise à leur cause. Ils ont tracé la voie qui les mène tranquillement vers le mur et si bien fixé les rails, si bien pensé la pente qu’ils sont les seuls à croire encore – parfois – en eux-mêmes.

Ils conduisent la locomotive mais, dans les faits, le moteur est éteint et les commandes ne répondent pas. Et les Français sont tantôt au charbon, s’attelant à accélérer leur perte, tantôt dans les wagons, tentant de sauter en marche. La plupart d’entre eux, cependant, sont assis de moins en moins confortablement, et parfois même prêts à se lever.

En 2015, donc, la reprise ne viendra pas. L’espoir est permis, certes, mais il est vain.

La bonne nouvelle, c’est que 18 000 emplois devraient être créés au premier semestre 2015, selon l’Insee. « La mauvaise, c’est que cela ne suffira pas à absorber la progression de la population active », prévient Xavier Timbeau, à l’OFCE, jugeant qu’il conviendrait que le PIB augmente de 1,5 % au moins en 2015 pour stabiliser le nombre de chômeurs.

Il faudrait 1,5% de croissance pour stabiliser le nombre de chômeurs ; la croissance devrait péniblement atteindre 1%. Plus de chômeurs, alors que le chômage est avec la dette publique la principale raison pour laquelle la reprise se tient loin, très loin de nous. La France veut croire à une reprise, mais la reprise, elle, ne veut pas. Et on la comprend.

Car la croissance française, en plus d’être molle, est artificielle. Depuis longtemps. La dépense publique gonfle artificiellement le PIB. Pour relancer la croissance, et maintenir l’illusion un peu plus, les hommes politiques ont dépensé, dépensé, en comptant sur la dépense pour faire redémarrer la croissance alors qu’il aurait fallu à la place changer les pièces du moteur. Certains y ont peut-être pensé, mais aucun n’a vraiment essayé, ou pas assez bien.

Au point qu’on se demanderait presque si, dans l’hypothèse farfelue où ils le voulaient vraiment, les hommes politiques pourraient changer les choses. Mais la question ne se pose pas ; il ne faudrait pas que la supercherie soit révélée sous leur mandat, et ils n’espèrent pas être élus avec la vérité. Heureusement, elle revient au galop – ou plutôt, elle revient mollement, chevauchant une croissance atone.

Heureusement, oui. Même si les temps sont durs. Même si la chute, longue, n’en sera pas moins douloureuse. Car à chaque fois que le collectivisme échoue, à chaque fois que faillissent les efforts acharnés de quelques-uns pour prendre la liberté des uns en promettant monts et merveilles aux autres, c’est l’occasion d’un nouveau départ. L’occasion d’apprendre enfin la leçon et d’embrasser enfin la liberté. Une occasion rarement saisie, tant l’histoire semble se répéter ; mais une occasion quand même. Les Français la saisiront peut-être, s’ils s’y décident enfin et estiment que leurs vies valent le coup d’être vécues s’ils décident ce qu’ils en font.

En attendant, n’attendez pas la reprise : elle ne viendra pas.

Source : Contrepoints

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