Loi Macron : Gilles Carrez : « Un rideau de fumée, un alibi pour ne rien faire »

Publié le par le front anti-Hollande

Baisse de l'euro, baisse du prix du pétrole, conditions d'emprunt historiques, une plus grande souplesse dans la politique budgétaire européenne… En énumérant « toutes les conditions économiques favorables » dont bénéficie actuellement la France, les députés UMP Gilles Carrez, président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, et Eric Woerth ont reproché au Gouvernement et à François Hollande de « gâcher une période exceptionnelle ».

« Parce qu'on ne fait pas les réformes structurelles nécessaires, comme la baisse de la dépense publique et des transferts sociaux ou l'instauration d'un contrat de travail unique, ça ne repart pas », déplore Gilles Carrez pour qui « la France est en train de tomber à côté, faute de réformes de structure » et au moment où les perspectives nationales marquent le pas en comparaison de celles de nos principaux partenaires économiques.

« Par rapport aux performances des autres pays, on peut se poser un certain nombre de questions », ajuste Eric Woerth. En effet, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI), le produit intérieur brut national (PIB) progresserait de 0,9% en 2015 et de 1,3% en 2016, en-deçà de la moyenne en zone euro qui est respectivement de 1,2% en 2015 et de 1,4% en 2016.

« Il faut réorienter la fiscalité française en faveur de l'investissement », observent Gilles Carrez et Eric Woerth qui réclament, au nom de l'UMP, la mise en place rapide d' « une conférence nationale sur la croissance pour lancer les grandes réformes dont la France a besoin ».

Aux yeux des deux députés UMP la situation actuelle est « préoccupante ». En raison de l' absence totale de réponse vigoureuse du Gouvernement alors que les facteurs sont favorables et qu'ils n'ont, malheureusement, pas vocation à perdurer. « Il existe un risque, pour les pouvoirs nationaux, d'interpréter cette conjonction d'éléments favorables comme un point d'arrivée alors qu'elle ne représente qu'un moyen au service des réformes structurelles indispensables », notent Gilles Carrez et Eric Woerth. S'inquiétant de l'exécution du budget de l'Etat au titre de l'année 2014 qui pourrait « faire peser un risque majeur sur la crédibilité budgétaire » en raison d'une dégradation du solde budgétaire de 10,7 milliards d'euros, d'un recul de 10,1 milliards d'euros des recettes fiscales par rapport aux prévisions, les deux députés UMP ont critiqué le projet de loi sur la croissance économique, dit " loi Macron ".
« Un rideau de fumée qui va servir de paravent, un alibi pour ne rien faire », pointe Gilles Carrez. « Un objet politique, pas un objet de croissance », poursuit Eric Woerth pour qui « l'agenda parlementaire 2015 est vide de réformes économiques d'ampleur ».

Que cela soit sur le facteur travail (aucun élément ne figure concernant l'augmentation du temps de travail avec même un recul concernant l'ouverture des commerces le dimanche ), sur la productivité (pas de poursuite ni de la baisse du niveau des prélèvements obligatoires pesant sur les entreprises afin de réduire les coûts, ni de la réforme du financement de la protection sociale) ou sur la réforme des professions juridiques (qui risque de conduire à des déserts juridiques, avec des conséquences en termes d'emploi et d'accès au droit), « aucun des leviers de croissance n'est activé. Le projet de loi Macron incarne à lui seul le risque de l'inaction gouvernementale dans un contexte porteur », résument Gilles Carrez et Eric Woerth pour qui « la priorité du Gouvernement reste la distribution et l'assistance ».

Comparant la similitude de comportements entre le Gouvernement socialiste de Jospin qui avait gâché la croissance française de la fin des années 90 « en ne réformant pas et en ne réduisant pas la dépense publique « et le Gouvernement socialiste de Hollande qui « gâche la période exceptionnelle de baisse des coûts externes en n'engageant aucune des réformes nécessaires », Gilles Carrez et Eric Woerth ont rappelé, qu'il était urgent et prioritaire d' assainir les dépenses publiques et de relancer l'investissement.

Au nom de l'UMP Gilles Carrez et Eric Woerth ont formulé huit propositions :

- baisse des charges et réforme de la fiscalité en faveur de l'investissement

- instauration d'un contrat de travail unique

- réforme du code du travail et négociation de la durée légale du travail au niveau des entreprises ou des branches

- doublement des seuils sociaux

- orientation prioritaire de la formation professionnelle vers les personnes les plus éloignées de l'emploi

- baisse de la dépense publique et des transferts sociaux

- transfert d'une partie des crédits des contrats aidés vers l'apprentissage et la formation.

Sans oublier l'organisation « dans les semaines qui viennent » d'une conférence nationale sur la croissance.

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