Le gouvernement drague l'électorat musulman

Publié le 16 Juin 2015

Par Ivan Rioufol

François Hollande, qui court de ville en ville, assure qu’il n’est pas en campagne. Visiblement, le chef de l’Etat se préoccupe néanmoins d’assurer ses arrières auprès de l’électorat musulman, qui avait voté pour lui à 86% en 2012. Ce lundi, le président rencontrera dans l’après-midi, à Alger, le premier ministre Abdelmalek Sellal puis son homologue, Abdelaziz Bouteflika. Dans la matinée, à Paris, Manuel Valls a mis en place une "instance de dialogue avec le culte musulman", destinée à s’émanciper du Conseil français du culte musulman (CFCM). Dans les deux cas, le pouvoir socialiste aux abois, dont le "bougisme" traduit l’inquiétude, est prêt à donner des gages supplémentaires à une communauté qui, en France, n’a pas obtenu le droit de vote pour les immigrés aux élections locales, a pu être choquée par l’adoption du mariage homosexuel et se considère, plus généralement, comme victime d’islamophobie. C’est dans cette perspective d’une reconquête sentimentale que le secrétaire d’Etat aux anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, s’est rendu à Sétif le 19 avril pour rendre hommage aux victimes musulmanes des événements sanglants du 8 mai 1945, taisant les crimes parallèles commis contre les Français. Le 5 mai, Yamina Benguigui, ancienne ministre, est venue plaider devant le président algérien pour une valorisation de la diaspora franco-algérienne. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a inauguré par la suite l’usine Alstom d’Annaba, peu après celle de Renault à Oran. Comme l’explique Julien Dray, proche de Hollande : "L’Algérie et la France font partie de la même famille (…) Nos deux pays ont vocation à être proches l’un de l’autre". Reste que la pression fondamentaliste est en embuscade dans l’Algérie en décrépitude, devenue la possible cible de l’Etat islamique. Or il demeure malséant d’aborder ce sujet central, qui est aussi au cœur des craintes des Français.

Ainsi, il est révélateur de constater que la radicalisation islamiste ne figure pas dans les préoccupations de l’instance de dialogue mise en place par Valls. Celle-ci se donne comme objectifs de trouver avec l’Etat des sortes "d’accommodements raisonnables" (l’expression n’est pas reprise) sur la gestion des mosquées, des pratiques rituelles, des formations d’imams, etc. Comme le dit, dans Le Figaro de ce lundi, Anouar Kbibech, futur président du CFCM, structure qui participera à cette organisation : "Nous allons parler ici des besoins de cinq millions de Français musulmans et non de quelques centaines de jeunes qui sont confrontés au risque de basculement dans le radicalisme". Le problème est que ces jeunes sont en réalité des milliers. Et ce déni augure mal de la volonté des autorités musulmanes de s’attaquer à la maladie de l’islam qu’est l’islamisme sexiste et totalitaire. Ce lundi, surEurope1, le recteur de la Mosquée de Paris, réputé modéré, Dalil Boubakeur, n’a pas osé dénoncer l’emprise des Frères musulmans sur l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Estimant les musulmans à sept millions en France, il a en revanche souhaité "récupérer des églises vides", afin de doubler les lieux de culte (2500 actuellement). Il a également recommandé la "bienveillance" des chefs d’entreprise pour leurs salariés qui s’apprêtent à faire le ramadan, c’est-à-dire à jeûner 18 heures par jour. "L’islam est en France pour y rester", a assuré pour sa part le premier ministre. Evoquant les groupes djihadistes et l’extrémisme radical, il a déclaré : "Il faut le dire, tout cela n’est pas l’islam". Or cette facilité qu’il cautionne sert de prétexte au refus d’exercer l’esprit critique sur l’islam politique, qui se présente comme l’islam authentique. A ceux qui attendent des Français musulmans qu’ils se désolidarisent de ceux qui tuent en leur nom, Valls préfère également la posture du "pas d’amalgame" : "Je ne veux plus qu’on se sente accusé d’être complices d’actes, qu’on n’a jamais voulus, ni soutenus bien sûr ! >. Avec la gauche dragueuse, les islamistes ont de beaux jours devant eux.

Rédigé par le front anti-Hollande

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