Pourquoi Cazeneuve affaiblit la France

Publié le par le front anti-Hollande

Par Ivan Rioufol

Bernard Cazeneuve dément l’existence de "flux déferlants de migrants que certains s’emploient à décrier". Le ministre de l’Intérieur croit en apporter la preuve, ce mercredi, en faisant remarquer que la France ne compte que 6% d’étrangers. Cet argument, qui ne tient pas compte des immigrés sans cesse naturalisés, est avancé par ceux qui, plus généralement, contestent aussi tout problème de cohabitation avec les populations nouvelles. De fait, Cazeneuve, du haut de ses cols durs, est devenu le porte-voix des immigrationnistes et des groupes de pression qui oeuvrent à rendre l’islam étranger aux violences commises au nom d’Allah. Pour répondre aux premiers, il a présenté ce matin devant la commission des lois son projet accordant des nouveaux droits aux étrangers. Pour flatter les seconds, il parle régulièrement de "terrorisme", sans jamais rappeler ses liens avec l’islam radical. D'autre part, alors que le discours de François Hollande fait encore référence à l’intégration ("Si l’intégration a des ratées, ce n’est pas la faute de la République, c’est faute de République", avait-il déclaré en mai lors de la panthéonisation de quatre grands résistants), le ministre de l’intérieur préfère, lui, faire référence à l’"inclusion". Or ce terme, défendu pour la première fois dans par le rapport Tuot du 1 er février 2013, dissimule l’option pour le multiculturalisme, cheval de Troie de l’islamisme radical que Manuel Valls a dit mardi vouloir combattre. Il est vrai que le rapport Tuot, méprisant les vieilleries liées à l’assimilation, parlait de "prétendu communautarisme", et présentait la "question musulmane" comme "une pure invention". "Non, l’islam ne génère pas le terrorisme", y est-il écrit. Dans la même veine, cinq autres rapports remis en novembre 2012 au premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault, recommandaient à la France de "s’ouvrir à la dimension arabo-orientale de son identité" et de "valoriser l’enseignement de l’arabe". C’est cette politique, jamais débattue, que Cazeneuve poursuivit en douce. Son militantisme affaiblit la France.

Lire l’entretien accordé ce mercredi à La Tribune par le nouveau président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech, fait comprendre les risques que faire courir cette "démarche inclusive" dont il se réclame, en faisant justement référence au terme repris par Cazeneuve. Si le président du CFCM a bien sûr quelques mots pour s’effarer de "la violence inouïe" causée par la récente décapitation d’un chef d’entreprise, il n’envisage pas même un début d’esprit critique sur les dérives de l’islam quand cette idéologie se radicalise. Ses propos sont, au contraire, pour dénoncer "la stigmatisation de la communauté musulmane", alors que les Français montrent qu'ils ne sont pas décidés à tomber dans ce piège grossier. Au prétexte d'inquiétudes légitimes que suscitent les djihadistes, qui existent y compris en France, il menace même : "Cette remise en cause de la loyauté des citoyens français de confession musulmane à leur propre pays va laisser des traces indélébiles au sein de cette communauté". Au passage, il défend le voile à l’université et va jusqu’à assurer : "Les femmes voilées sont souvent beaucoup plus féministes que d’autres". Bref, Kbibech a parfaitement mesuré les avantages qu’il y avait à se réclamer, avec Cazeneuve, d’une inclusion, beaucoup moins exigente sur les devoirs des nouvelles minorités, invitées à venir s’installer en France avec leurs propres règles. Dans ce système, la nation devient une communauté de communautés, c’est-à-dire un pays qui tourne le dos à sa tradition d’assimilation et d’allégeance à sa culture. Si la république veut retrouver son autorité, elle doit abandonner illico cette inclusion défendue par le ministre de l’intérieur : elle cache une bombe à retardement.

Publié dans France, Socialiste, Immigration

Commenter cet article