Le cynisme habite à l’Élysée

Publié le par le front anti-Hollande

Le cynisme habite à l’Élysée

François Hollande a annoncé une baisse des impôts dès 2016. Uniquement par intérêt électoral un an avant la présidentielle et pour ménager la gauche de sa gauche.

Par Yves de kerdrel

A peine rentré de vacances, François Hollande a sorti de son chapeau une baisse des impôts. Chacun pouvait penser que le président de la République aurait d’autres préoccupations en cette fin d’été. Comme le choix du nouveau ministre du Travail et de l’Emploi après la démission de François Rebsamen. Comme de vraies mesures pour lutter contre l’invasion de migrants, dont le flot grossit chaque semaine. Comme le moyen de redonner un nouveau souffle à la croissance économique, qui s’est de nouveau évanouie. Ou encore comme la mise en oeuvre d’une politique forte de lutte contre le communautarisme, l’islam radical et les djihadistes revenus en France pour tuer comme l’auteur, vendredi dernier, de l’attentat du Thalys. Eh bien non ! L’agriculture meurt à petit feu. Les faillites vont frapper cette année plus de 60 000 entreprises. Le chômage est toujours à un niveau historique malgré les traficotages de Pôle emploi. Mais le chef de l’État ne trouve rien de mieux que d’annoncer une baisse des impôts. Un geste grossier, vulgaire et cynique tant il n’est dicté que par une seule ambition : faire un cadeau à une poignée de Français juste avant l’élection présidentielle de 2017.

Bien sûr, il y a de bonnes baisses d’impôts et ce n’est pas Valeurs actuelles qui s’élèvera contre un allégement intelligent de la fiscalité française. Bien sûr, nos voisins ont commencé à réduire la pression fiscale, mais en diminuant l’impôt sur les sociétés. Bien sûr, si la croissance française était repartie franchement à la hausse, ce geste aurait pu être compréhensible. Après l’effort, le réconfort. Mais cette baisse de l’impôt sur le revenu représente tout le contraire. Tout d’abord, après l’avoir liée au rythme de la croissance économique en 2016, François Hollande a aussitôt supprimé ce bémol et demandé à Manuel Valls de la graver dans le marbre de la prochaine loi de finances. Sans solliciter un instant les experts de Bercy, qui sont payés pour mesurer l’impact d’un tel geste. Ensuite, cette baisse des impôts est censée avoir un impact sur la consommation et donc sur la croissance, selon le modèle keynésien cher aux socialistes. Il n’est pourtant pas besoin d’avoir fait HEC et d’être passé par la Cour des comptes, comme François Hollande, pour observer que la consommation ne s’est jamais aussi bien tenue en France, grâce à la baisse des prix du pétrole. En revanche, si la croissance s’est évanouie au deuxième trimestre et si le troisième s’annonce aussi médiocre, c’est que l’investissement des entreprises est en panne sèche. Cette baisse des impôts aura donc autant d’effet sur notre économie que si François Hollande avait décidé d’arroser le désert. Mais il y a plus grave encore. François Hollande, qui n’est rien d’autre qu’un roi nu dans son palais de l’Élysée, a oublié que la France est sous la surveillance étroite de Bruxelles compte tenu de l’ampleur de ses déficits. Et cette baisse des impôts non financée par un supplément de recettes va venir aggraver la situation de nos comptes publics. Et surtout rompre le pacte que la France a conclu avec l’Europe après avoir échappé de justesse, au début de l’année, à une sanction pour notre mauvaise utilisation des deniers publics.

François Mitterrand apparaissait volontiers cynique, mais jamais au point de faire passer sa seule ambition avant l’intérêt général du pays. François Hollande, lui, n’a que faire de nos engagements européens, de l’impact éventuel de cette baisse des impôts ou de son coût pour le budget de l’État. Tout ce qu’il y voit, c’est l’intérêt électoral de faire croire que l’on peut encore raser gratis un an avant la présidentielle de 2017 et surtout un atout pour calmer les revendications de son aile gauche et de ses frondeurs, qui réclament à cor et à cri de la redistribution. Sans le savoir, François Hollande marche sur les brisées de Lionel Jospin, qui, lorsqu’il était premier ministre et presque candidat à la présidentielle de 2002, avait découvert une « cagnotte » et décidé de la rendre aux Français sous forme de baisse des impôts. Mais ce cynisme et ce clientélisme ont leurs limites. Comme l’a d’ailleurs montré la défaite terrible du même Lionel Jospin dès le premier tour de 2002. Car, désormais, les Français veulent comme président non pas un Père Noël ou une Joséphine ange gardien, mais quelqu’un qui sache leur redonner la maîtrise de leur destin, qui s’engage à ce que leur mode de vie ne change pas, qui lutte contre les communautarismes, l’insécurité et l’insupportable laxisme pénal. Le prochain chef de l’État devra certes redresser le pays, mais d’abord lui redonner confiance, en restaurant sa fierté, son identité et sa grandeur. Plutôt qu’en prenant les Français pour des imbéciles !

Source : Valeurs Actuelles

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