« Ras-le-bol fiscal » : les riches fuient la France !

Publié le par le front anti-Hollande

« Ras-le-bol fiscal » : les riches fuient la France !

Après avoir épuisé la manne financière des impôts, il va bien falloir commencer à envisager de réduire les dépenses de l’État.

Par Michel Albouy

Lentement mais sûrement les riches quittent la France. Les départs à l’étranger de contribuables aisés est en hausse de 40% et celui des redevables à l’ISF a augmenté de 15%, selon Les Échos.

La courbe des exilés fiscaux français est train de s’accentuer à la hausse et aucun renversement de tendance n’est en vue. Même si on ne peut pas parler encore d’exode de masse (et c’est heureux !) le phénomène est suffisamment perceptible pour inquiéter nos finances publiques.

Le phénomène a été tout d’abord nié, puis minimisé par nos dirigeants politiques, mais aujourd’hui il faut bien se rendre à l’évidence, les « riches » quittent le navire France, lentement, sans bruit mais sûrement. Après les jeunes talents de start-up et diplômés de grandes écoles, ceux qui ont fait fortune ou gagnent simplement bien leur vie cherchent à partir.

Pression fiscale hors-norme

Est-ce un scoop ? Sûrement pas pour tous ceux – et il y en a encore – qui croient qu’on ne peut pas augmenter impunément la pression fiscale sans qu’il n’y ait une réaction dans une économie mondialisée. Certes, quelques responsables politiques du Parti Socialiste, et même un ministre de l’Économie, avaient tiré la sonnette d’alerte avec le « ras-le-bol fiscal » ; mais c’était pour la galerie.

Le rappel des caciques orthodoxes avait du reste était rapide en fustigeant les hétérodoxes socialistes et en mentionnant tout ce que l’argent public (traduisez nos impôts) pouvait financer comme bonnes œuvres sociales. Si bien que, même si la France avec des dépenses publiques représentant 57% de son PIB dépensait plus de 10 points de plus que l’Allemagne, on ne pouvait comparer notre modèle social que « tout le monde nous envie » avec celui des autres pays européens. Bref, qu’il était inutile de renoncer au dogme du toujours plus d’impôts car après tout, comme chacun sait, « de l’argent il y en a et il suffit de le prendre là où il est ».

Tout était bien dans le meilleur des mondes possibles, sauf que le « consentement à l’impôt », comme on dit en langage technocratique a eu rudement tendance à s’éroder ces derniers temps avec la hausse vertigineuse de la pression fiscale malgré la rhétorique de « l’impôt citoyen ».

L’impôt sur le revenu est concentré sur les plus riches

Rappelons ici que 75% des hausses d’impôts sur le revenu (IR) décidées pendant les deux premières années de la présidence Hollande ont été payées par 20% des contribuables. Et quand on sait que la moitié des ménages ne payent pas d’impôt sur le revenu, on se rend compte de l’effort qui a été demandé aux contribuables aisés de ce pays.

Autre chiffre à prendre en considération et qui montre à lui seul la concentration de l’impôt sur le revenu : 1% des plus riches payent 45% de l’IR. Ainsi, il suffirait de quelques milliers de départs pour voir le produit fiscal de l’IR diminuer significativement si le phénomène devait prendre davantage d’ampleur. À terme, ce mouvement pourrait même entraîner une perte de recettes fiscales. Bref, la loi de Laffer, qui nous enseigne qu’à partir d’un certain seuil d’imposition le produit de l’impôt diminue, pourrait se vérifier empiriquement en France, s’il cela n’est déjà fait. Mauvaise nouvelle pour les tenants du toujours plus d’impôts.

Un impôt sur la fortune confiscatoire

Non seulement la France, depuis de très nombreuses années (droite et gauche confondues), a fait le choix constant de toujours plus concentrer l’IR sur une fraction de plus en plus étroite de contribuables, mais elle est la seule en Europe à maintenir envers et contre tout un impôt sur la fortune qui devient de plus en plus confiscatoire.

Rappelons que lorsque le président Mitterrand a mis en œuvre l’impôt sur les grandes fortunes (IGF) en 1982, les taux de rémunération de l’épargne sans risque étaient de l’ordre de 10%, soit un écart avec la tranche la plus élevée de plus de 8 points. Aujourd’hui, l’écart entre les deux taux est nul s’il n’est pas négatif après prise en compte des frais divers liés à la gestion.

Cette situation, maintes fois dénoncée, n’a reçu pour le moment aucune réponse de la part de nos dirigeants, sauf celle que les riches – que notre président « n’aime pas » – doivent payer. Pourquoi, si on ne veut pas abroger l’ISF pour des raisons politiques, ne pas indexer ses taux d’imposition sur ceux des emprunts d’État (OAT) ? Un tel mécanisme a été mis en place pour la rémunération du livret A de façon à reconnecter la rémunération de ce livret avec les conditions de marché. Alors pourquoi ne pas le faire pour cet impôt de plus en plus mal supporté par nos concitoyens et qui devient de plus en plus lourd ?

Un système à bout de souffle

Avec le prélèvement à la source à venir prochainement – si on en croit notre président de la République – il ne faudrait pas que changement se traduise, comme demandé par l’aile gauche de la majorité gouvernementale actuelle, par une fusion de la CSG et de l’IR. Une telle manœuvre, nécessitée naturellement par la « justice fiscale », ne ferait qu’augmenter in fine la pression fiscale sur les ménages aisés et alimenter de nouveaux candidats au départ.

La question essentielle aujourd’hui est celle d’un système de dépenses publiques à bout de souffle qui ne marche plus à l’aspiration comme au refoulement. Les tuyauteries sont à revoir sinon à changer. Si on sait que les dépenses publiques représentent 57% du PIB, que sait-on vraiment sur l’efficacité des prélèvements et sur l’état des fuites à l’aspiration ? De même, que sait-on vraiment sur l’efficacité de la redistribution de cette manne ? Est-on sûr que l’argent aille à ceux qui en ont vraiment le plus besoin ? En fait, on ne sait pas grand-chose sur ces questions essentielles et c’est bien là le problème qui décourage nombre de nos concitoyens. Cela alimente leur sentiment de verser leurs euros dans un puits sans fonds. D’où la baisse du consentement à l’impôt.

Dans son discours de vœux pour l’année 2014, le président dénonçait un État « trop lourd, trop lent, trop cher » et affichait son souhait d’inverser la courbe des dépenses publiques. Il serait temps d’agir vraiment avant que le char de l’État ne s’embourbe définitivement dans les déficits à venir. Après tout, si la courbe du chômage n’est pas entièrement sous le contrôle de nos dirigeants, celle de la dépense publique l’est totalement. Alors pourquoi attendre ? Et si en plus, l’inversion de la courbe du chômage était liée à celle des dépenses publiques et des impôts ? Chiche, on baisse les impôts, ISF compris, en 2016 ?

Source : Contrepoints

Publié dans économie

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