Nomination d'Audrey Azoulay : mais de quoi se mêle Saïd Bouteflika ?

Publié le 14 Février 2016

Said Bouteflika

Said Bouteflika

Quelqu’un, paraît-il, n’est pas du tout satisfait du récent remaniement “bidon” effectué par François Hollande.

Je pensais, moi, naïvement, que 75% des citoyens Français s’en moquaient totalement !

Et bien non ! C’est un algérien, Saïd Bouteflika, le propre frère du président de l’Algérie, qui voit d’un oeil mauvais la “marocanisation de la vie politique française” et il aurait fait part de sa désapprobation auprès d’un conseiller de François Hollande.

(Source : Mondafrique)

Il est vrai qu’il n’a pas tout à fait tort. Après Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’education, et Myriam El Khomri, ministre du travail, une troisième ministre possédant la double nationalité Franco-Marocaine comme ministre de la Culture, Audrey Azoulay, ça fait beaucoup pour un gouvernement de la France !

Cette récente nomination n’a pas bouleversée l’Algérie, loin s’en faut, elle a bien d’autres soucis, mais tout de même, le frère de Bouteflika s’inquiète de ce nouveau symbole de la bi-nationalité et de ce rapprochement entre France et Maroc dans une période de relations particulièrement tendues, au sujet du Sahara Occidental, entre l’Algérie et le Maroc (soutenu déjà par l’Arabie Saoudite)

Mais qui est Audrey Azoulay ?

Sortie de l’ENA en 2000, même promotion que Fleur Pellerin, (qu’elle remplace), elle rejoint le CNC (Centre National du Cinéma) en 2006, comme directrice adjointe de l’audiovisuel et, dès 2011, devient le n°2 de ce CNC comme directrice générale déléguée.

Depuis septembre 2014 elle est la conseillère à la culture de Hollande à l’Elysée. Audrey Azoulay était presente, en septembre, lors de la visite à Rabat (Maroc) de François Hollande, qui consacrait la réconciliation entre les deux pays après des années de “bouderies” diplomatiques.

C’est elle, qui lors du dîner annuel du CRIF, aurait ordonné à Pierre Pfimlin, alors patron de France télévisions, d’acquérir les droits de diffusion du “navet” d’Alexandre Arcady “24 jours”. Ce qui n’est pas une référence !

De qui est-elle la fille ?

De André Azoulay, l’un des anciens conseillers des rois du Maroc, Hassan II puis Mohammed VI et ex correspondant d’Europe 1. Il avait oeuvré, en 1994, au rétablissement des relations diplomatiques entre Israël et le Maroc et a reçu la Légion d’honneur des mains de Michel Rocard.

Il n’est pas question ici de juger des compétences d’Audrey Azoulay. Elle est certainement mieux à ce poste que “l’éjectée” Fleur Pellerin, et que bien d’autres ministres et secrétaires d’état, aux portefeuilles qui leurs sont confiés, par amitié ou par reconnaissance.

Mais de quoi se mêle Saïd Bouteflika ? Et, le cas échéant, de quoi se mêle l’Algérie ? Depuis quand un droit d’ingérence sur la politique française lui est-il accordé ?

Sans doute, estime-t-elle, avoir ce droit acquis par 132 ans de présence coloniale, et qu’après 54 ans d’indépendance et d’accueil privilégié dans notre pays de six millions d’Algériens (et bientôt beaucoup plus), l’Algérie souhaiterait que ce soient des binationaux franco-algériens qui occupent ces postes ?

Un peu de patience SVP…

© Manuel Gomez pour Dreuz.info.

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #International

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