Auch : «Allahou Akbar !» «Sale française. Mécréante. Ta mère la chienne !»

Publié le 26 Mars 2016

Auch : «Allahou Akbar !» «Sale française. Mécréante. Ta mère la chienne !»

Détenu à Villeuneuve-lès-Maguelones,où il purge une peine de dix-huit mois d'incarcération pour de la violence et des faits similaires, J comparaissait hier depuis sa geôle via un système de vidéoconférence. Les faits reprochés ont lieu à Auch en janvier 2015 à la terrasse d'un célèbre café du centre qui porte le nom d'un astre bien connu en espagnol. Visiblement éméché, il saisit une conversation à la volée et se met soudainement à vociférer «Allahou Akbar !» à plusieurs reprises. Lorsque Mme H la gérante lui demande de se taire, les insultes pleuvent. «Sale française. Mécréante. Ta mère la chienne, ton père le chien !».

«Vous rendez vous compte de la gravité de ces propos racistes ?» lui demande la présidente, Marjorie Lacassagne-Taveau. «Ce n'est pas du racisme, Madame, moi-même je suis franco-marocain comme Madame H.» Et d'ajouter vaseusement, «j'essayais de dire que l'expression «Allahou Akbar», ce n'est pas forcément mauvais.»

Une explication qui ne convainc pas le procureur, Pierre Aurignac qui rappelle à la cour que M. J «se laisse régulièrement aller à proférer des propos qui sont encore moins à la mode aujourd'hui qu'ils ne l'étaient il y a quelques années.»

Mme H, se présente devant le tribunal et signale, qu'elle «ne souhaite pas accabler le prévenu». «Il est revenu plus tard, s'excuser. C'était sincère, je lui ai pardonné», détaille pleine de dignité la cafetière. Faute pardonnée à moitié effacée ? C'est en tout cas le point mis en avant par Me Adounoko, commis d'office. «L'un des deux piliers de l'œuvre de justice, c'est de réconcilier les parties. Il est retourné dans le bar et elle l'a dit à la barre», tente l'avocat de la défense. «Et puis, il faut replacer les propos dans leur contexte. Ce garçon a un problème avec l'alcool : il l'a mauvais. Ce qui est d'autant plus avéré que les faits se sont déroulés dans un bar !» s'exclame-t-il.

Après une brève délibération le tribunal suivra les réquisitions du parquet. Un mois ferme.

ladepeche.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #Faits-divers

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