Marseille: elle tue un handicapé de 70 ans pour une place dans un bus

Publié le 27 Mai 2016

Photo d'illustration

Photo d'illustration

L'accusée répond d'une mortelle altercationen 2011 avec un handicapé à Marseille

Quand Véronique Fofana a commencé à dériver vers la chronique du fait divers, elle était dans une spirale douloureuse. En tout cas, c'est ce dont elle arguera. Des difficultés de famille, un accident de voiture qui avait blessé sa petite fille de 8 ans, la perte de sa propre mère... Une litanie d'arguments qu'a livrée hier à la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix cette secrétaire administrative de 35 ans.

Des faits qui se sont déroulés le 12 décembre 2011, elle n'a plus le moindre souvenir. Alcoolisation excessive ou amnésie sélective qui lui évite de se raconter ? La scène est triste. Elle mêle altercation verbale et violences physiques. Elle se déroule dans le bus 263 sur la ligne 49, au niveau de la place de Strasbourg, dans le quartier de Saint-Lazare (Marseille 3e). Et Abdelkader Belhabib, 70 ans, vient de monter dans le transport en commun. Il réclame une place pour handicapés. Une dispute commence avec une passagère. Celle-ci porte un violent coup au thorax de la victime. Deux jours plus tard, âgé et vulnérable, il succombera au choc subi.

Quid de ce "trou noir" évoqué par l'avocate générale Nadine Perrin ? "Peut-être que j'ai voulu effacer", glisse à la barre l'accusée, qui comparaît libre pour des coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner, après une année de détention provisoire.

"Je présente toutes mes excuses à la famille"

Quand Véronique Fofana a commencé à dériver vers le fait divers, elle avait déjà été condamnée à deux reprises pour des violences sur conjoint et des violences sur sa voisine. Un coup d'extincteur sur la tête. Véronique Fofana est-elle une hystérique, qui, ce jour-là - elle l'a reconnu - avait bu plus que de raison bières et mousseux ? Sur la vidéo diffusée hier devant les jurés de la cour d'assises, on distingue parfaitement le coup de pied horizontal que donne l'accusée à celui qui va mourir. "Ce geste, ça ressemble à un coup de karatéka. Est-ce que vous avez pratiqué ce type d'activité sportive ?" l'interroge, faussement ingénu, le président Pascal Guichard. "Quand vous perdez le contrôle, ça va très loin", insiste le magistrat. D'une voix très posée, les mains jointes, cheveux en chignon, Véronique Fofana dit regretter"tout ce qu'il s'estpassé ". "Ça n'aurait jamais dû arriver. Je présente toutes mes excuses à la famille".

Pendant le temps de l'altercation dans le bus, sa fille de 8 ans hurle à plusieurs reprises face à la violence exprimée. Les deux enquêteurs cités à la barre, Franck Vilain et Philippe Morlot, citent les témoins tour à tour entendus qui décrivent l'accusée comme "une vraie furie" ou une femme "très virulente", qui d'ailleurs a bien failli ensuite "être lynchée par la foule". "C'était un mauvais moment pour tout le monde", résume doctement Jean-Michel, le chauffeur de bus de ce triste jour. Me Philippe Vouland, l'avocat de la défense, pose question sur question pour rendre visage humain à sa cliente, pour tenter de convaincre les jurés qu'elle n'est pas une mauvaise fille, qu'elle vivait alors une période compliquée de sa vie de femme. "D'habitude, a-t-elle soufflé hier, je me lève pour laisser la place aux handicapés". Ce jour-là, Véronique Fofana a fait une mauvaise exception à ses habitudes.

Denis Trossero

laprovence.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Faits-divers

Commenter cet article

émanuelle 27/05/2016 11:27

quel horreur! cette histoire fait preuve de la barbarie humaine de nos jours