Les cadeaux de François Hollande vont plomber le déficit budgétaire en 2017

Publié le par La rédaction

Les cadeaux de François Hollande vont plomber le déficit budgétaire en 2017

François Hollande annonce dans le quotidien Les Échos (daté 30 juin) une baisse d’impôts. Une annonce dans des termes assez imprécis. Il s’agira d’une baisse d’impôts pour les classes moyennes, ce qui est quand même assez vague. Il dit que cette baisse « ne sera pas supérieure à 2 milliards d’euros ». Il faut rappeler, pour avoir en tête l’ordre de grandeur, que les Français payent un impôt sur le revenu de 75 milliards d’euros par an. Il s’agit donc d’une baisse d’impôts faible, qui s’ajoutera aux deux précédentes (faibles elles aussi) qui touchaient les contribuables les plus modestes.

Comment sera-t-elle financée ? Elle ne le sera pas ! François Hollande le dit d’ailleurs explicitement, puisqu’il lie cette baisse à la reprise de l’activité. Autrement dit, elle sera financée par l’éventuel surplus de recettes fiscales, et non pas par des mesures durables. Nous sommes dans le cas de figure traditionnel de la dernière année de mandat, où le Président est en campagne pour sa réélection et où il utilise les deux leviers budgétaires à sa disposition (la baisse d’impôt et l’augmentation des dépenses), toutes deux non financées. C’est-à-dire toutes deux creusant le déficit, sauf coup de chance avec la conjoncture.

La Cour des comptes s’alarme de la progression des dépenses. C’est la situation de 2017 qui est problématique. Bon nombre de dépenses ont été remises à cette date-là : des dépenses militaires, les augmentations de fonctionnaires, l’extension de la garantie jeune, des mesures pour les agriculteurs. Et ce n’est peut-être pas fini. Sauf bonne surprise liée à la reprise, l’actuelle majorité va laisser à ses successeurs une impasse budgétaire de plusieurs milliards d’euros.

François Hollande dit dans Les Echos qu’il a « tenu ses engagements budgétaires ». C’est vrai pour l’année dernière, pour partie grâce au petit supplément de recettes, mais aussi grâce à des mesures d’économies réelles et aux hausses d’impôts. Mais ça n’a pas toujours été le cas durant son quinquennat. Si notre mémoire est bonne, il avait promis le retour à un déficit de 3% du PIB en 2013. On n’y sera même pas en 2017.

FRANÇOIS LENGLET, LOÏC FARGE

rtl.fr

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