Manifs: les policiers critiquent la stratégie du gouvernement

Publié le 23 Juin 2016

Manifs: les policiers critiquent la stratégie du gouvernement

Que ce soit pendant les manifestations ou avant, les policiers sont perdus. Plusieurs syndicats craignent d'être instrumentalisés au service de la stratégie de pourrissement du gouvernement.

La police n'y comprend plus rien. Mercredi matin, le gouvernement a décidéd'interdire la manifestation anti-loi Travail prévue le 23 juin avant de finalement l'autoriser, mais sur un parcours restreint et choisi par Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur. La motivation initiale de l'interdiction tenait compte de l'état de fatigue des policiers. Ces derniers n'apprécient pas d'être utilisés à des fins politiques.

Une décision "paradoxale"

Au micro de BFMTV, Nicolas Comte, secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP Police FO, a dénoncé mercredi matin une instrumentalisation des forces de l'ordre.

"Puisqu'on explique que l'interdiction de manifestation a lieu pour faire reposer les policiers, j'imagine que demain (jeudi, Ndlr) on laissera mes collègues au repos. (...) L'argument de la fatigue de la police, qui est très réelle, c'est un prétexte, c'est une décision politique qui ne dépend pas d'un problème de maintien de l'ordre", estime le syndicaliste.

Même son de cloche pour le syndicat Alliance. Sur iTélé, le secrétaire général adjoint du syndicat, Frédéric Lagache, a déclaré mercredi matin qu'il était "toujours regrettable d'interdire une manifestation". Sans s'avancer sur les raisons de cette stratégie, le policier a par ailleurs rappelé que son syndicat avait demandé le "report, non pas l'interdiction de cette manifestation".

Déjà des problèmes pour gérer les "casseurs"

Cette bronca de la police n'est pas la première. Depuis le début de la contestation contre la loi Travail, les forces de l'ordre s'interrogent sur les violences qui émaillent les cortèges organisés par les syndicats. Face aux condamnations unanimes de la classe politique, Jean-Claude Delage (Alliance) avait ainsi mis en doute les motivations du gouvernement.

"Lorsque vous voyez des casseurs détruire les vitrines, saccager des panneaux publicitaires (...) et que des policiers mobilisés (...) doivent attendre une heure en face d’eux pour intervenir (…) on se demande bien pourquoi.​"

Pour expliquer cette attitude du gouvernement face à la minorité d'éléments violents au sein des manifestations, Alliance avance l'opportunité politique. "Ca vise à discréditer le mouvement social et syndical" estime Jean-Claude Delage qui assure que "les policiers veulent arrêter les casseurs".

bfmtv.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Gouvernement

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