Cessons d’héroïser les crapules radicalisées !

Publié le 30 Août 2016

Cessons d’héroïser les crapules radicalisées !

Les médias ont une responsabilité particulière. Ils doivent refuser d’entrer dans la scénarisation voulue par les terroristes.

Cerveau, « architecte », « organisateur suprême » : les superlatifs prolifèrent pour accompagner vidéos d’attentats et photos de djihadistes. Médias et autorités doivent s’interroger. Croit-on de cette façon susciter plus de détestation que d’admiration ? Hyperboles et images chocs fabriquent seulement les dieux à honorer au panthéon des Molenbeek. Elles rentrent dans la mise en scène des terroristes, en offrant à la racaille un moyen d’exorciser ses propres turpitudes par identification aux héros d’une “cause”. Non pas la preuve de la force de l’ennemi mais le symptôme de l’insigne faiblesse de notre République.

Ainsi, Mohamed M. qui tua à Toulouse ? Ce “cerveau” renvoyé des établissements scolaires sait à peine lire, préfère sa Playstation, les agressions, le trafic de drogue. Ce cancre se radicalise en prison où, fiché S, il peut néanmoins rencontrer d’autres islamistes. Libéré, il part sans contrôle en Irak, Afghanistan, Syrie où il suit le cours d’un institut coranique puis l’abandonne car « le niveau est trop élevé ». Répertorié par les Américains et les Turcs, il revient sans être interné. Et il filme ses crimes pour les médias.

L’assassin de l’Hyper Cacher, Amedy C. ? Dealer, incapable de dépasser la première pro, condamné en 2004 pour braquage puis en 2010 pour tentative d’évasion d’un terroriste, à cinq ans seulement. Les frères K. ? Radicalisés dans la mosquée Adda’wa du XIXe arrondissement, connue du renseignement, fichés, ils collectionnent des photos pédophiles au su de juges. Tous cherchent la publicité médiatique.

Abdelhamid A., assassin de novembre 2015 ? « Un petit con », décrit un de ses camarades du lycée où il est resté un an seulement. Braquages, alcool, prison où il est radicalisé, puis facile départ en Syrie, où ce psychopathe tractera avec une jouissance hébétée les cadavres de ses victimes, vidéo envoyée sur Internet. Sa mort ? Due à l’explosion de Chakib A., un autre gé nie, qui, en se faisant sauter, n’avait pas prévu qu’il le tuerait aussi.

Pour Salim B., sa notoriété tient au laxisme dont il bénéficie. Incapable de terminer son CAP, devenu dealer et voleur, drogué, condamné à onze ans de réclusion pour meurtre, en 2007, clairement djihadisé, il est libéré trois ans plus tard et part sans être inquiété. Le condamner par contumace à quinze ans de prison, après le Bataclan et la mise en esclavage sexuel de femmes en Irak ? Cela doit seulement amuser Mohamed A., qui l’a radicalisé à Fresnes et qui reçoit des allocations de handicapé pour avoir perdu un oeil et un bras durant son djihad en Irak. Ou bien Mehdi N., qui obligea les détenus à cinq prières quotidiennes dans la prison de Toulon, puis partit tranquillement en Syrie où il se targue d’avoir torturé, violé des femmes… avant de revenir assassiner au Musée juif de Bruxelles.

Ces crapules trouvent dans le laxisme leur nourriture spirituelle, dans le crime une justification à leur pestilence existentielle et dans les médias le miroir par lequel ils veulent exister. Brisons-le. Cessons de les nommer et de diffuser leurs photos. Que le mal qu’ils projettent ne reflète plus rien. Que la néantisation qu’ils veulent soit d’abord la leur. Les médias doivent participer, du bon côté, à la guerre de notre civilisation.

Yves Roucaute

valeursactuelles.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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