Les 7 pièges que nous tendent les islamistes

Publié le 31 Août 2016

Les 7 pièges que nous tendent les islamistes

Il y a d’abord eu la femme voilée, humiliée par les forces de l’ordre, posant étrangement sur la plage de galets sans aucun des accessoires que l’on prend d’habitude pour aller à la plage. La femme allant au-delà des demandes des policiers municipaux. Une mise en scène construite, que l’on ne peut que féliciter le photographe, secouru par un heureux et providentiel hasard.

Puis il y a eu le restaurateur de Tremblay-en-France, qui a refusé de servir des jeunes femmes voilées… alors qu’il les a laissées entrer, s’asseoir, lire le menu, et avec qui il avait au moins entamé la conversation. L’enregistrement fait par une des jeunes filles démarre tardivement ; comment peut-on passer de la lecture de la carte des menus à l’évocation des attentats ?
Ces faits divers anodins mais ultra médiatisés, jusqu’aux excuses du restaurateur filmées par Le Parisien, ressemblent étrangement à un testing géant. Et nous tombons dans un piège grossier mais bien orchestré et terriblement habile.

On pratique l’anachronisme victimaire

Ce qu’il y a de fascinant dans la mise en série de ces deux moments, c’est la construction méthodique et médiatique de la figure raciale de l’opprimée. Accès à la plage et aux loisirs refusés à la femme voilée? C’est le rappel des plages interdites aux Noirs en Afrique du Sud sous l’apartheid. Refus de servir les deux jeunes filles dans un restaurant? C’est le rappel des lois de ségrégation raciale aux USA.

L’analogie anhistorique est créée de toute pièce, grâce aux réactions sans discernement de personnes à bout, comme ce restaurateur, dont je me demande comment il a été amené à aborder ce sujet. Les médias, la sénatrice Benbassa, le CCIF, Plenel etc, ne cessent de comparer la situation actuelle au sort réservé aux Juifs dans les années trente. Ce qui est cocasse, quand on connaît l’antisémitisme du monde arabo-musulman. Les musulmans finiront-ils par prendre ombrage de se faire traiter de juifs des années trente ?

Les montages photos en sont un signe évident. C’est le symbole, l’image choc qui est recherchée et exploitée à outrance. Le restaurateur ? Il fait penser aux panneaux interdits aux juifs sur les aires de jeux sous Vichy. Cette femme voilée ? C’est Rosa Parks qui ne demande qu’à résister. C’est Dreyfus que l’on déshonore sur la place d’armes en le dépouillant de ses insignes. La sémiotique glisse de l’analyse du voilement vers l’analyse de l’image de la voilée humiliée.
2 / On créée une race musulmane et on les incite à défendre ce qu’ils ne sont pas
La « race » musulmane est créée et comparée à la « race » noire ou juive. Il y a là une essentialisation qui piège les musulmans qui n’optent pas pour la pratique rigoriste et sont pourtant enrôlés. L’islamophobie, crime imaginaire, serait devenue un racisme. La pratique religieuse extrémiste ne relève pas pourtant de l’origine raciale, mais d’un choix. Le choix renvoie à l’individu et le place come acteur. Le CCIF veut faire de cette pratique rigoriste une vocation, une extension biologique de l’origine ethnique. S’opposer à l’une, c’est s’opposer à l’autre. Naturaliser l’extrémisme religieux, voilà un tour de passe-passe habile.

Le bon fils d’immigré était un bon musulman. Maintenant, il est sommé d’être un bon islamiste. Le climat soude une communauté autour des plus radicaux d’entre eux. Par le biais racial. La pratique rigoriste devient un signe de ralliement solidaire, la base de revendication de liberté et d’égalité. Elle prend une dimension identitaire. La communauté se soude donc autour de symboles qu’elle ne reconnaissait même pas ! Alors même qu’il ne s’agit que de critiques de pratiques rétrogrades et extrémistes d’une religion qui existe depuis si longtemps en France, on voit le déplacement, par le détour ethnique et anhistorique, du curseur et du seuil d’indignation vers la critique plutôt que vers les pratiques rétrogrades.

La distinction entre l’islam et ses pendants sectaires et obscurantistes n’est plus faite par les médias. Ce ne sont pas les musulmans qui portent ces signes extérieurs de radicalité religieuse, ce sont les islamistes, ce n’est donc pas un peuple, mais la frange sectaire qui est visée par ces critiques.

Fatiha Boudjahlat
Enseignante en collège, Secrétaire Nationale du Mouvement Républicain et citoyen en charge de l’Education, engagée pour l’égalité en droits et la dignité des femmes aux côtés de Celine Pina. Assesseure au tribunal pour enfants, membre de l’Assemblée des femmes.
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Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #islam

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