Alain Juppé : l’identité peureuse

Publié le 3 Septembre 2016

Alain Juppé : l’identité peureuse

Au beau milieu de ce chaos migratoire, en pleine problématique islamique inextricable, émergeant des troupes mobilisées en vue de futurs attentats, Alain Juppé sort de son chapeau « l’identité heureuse ». Ravi, enchanté… « La petite mosquée dans la prairie ». Pâquerettes, musique de clochettes… Gling gling… Le père Noël du vivre ensemble va passer. Pensez à mettre vos babouches devant la cheminée.

La vision idyllique d’Alain Juppé repose sur le concept simplet : « résister rend malheureux ». Combattre, polémiquer, se défendre est extrêmement fatigant. Source de problèmes infinis. Alors que dire oui, accepter, ne pas faire d’histoire est de tout repos. D’où un grand bonheur. Simple et efficace. La ménagère n’en revient pas. Comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt ?

Financement des mosquées par la collectivité (conformément aux vœux de son conseiller préféré Benoist Apparu), élection de Miss Burkini, repas halal à volonté, parties de pétanque avec les Frères musulmans… Pour peu qu’on les laisse gagner, l’ambiance peut virer à la franche cordialité. Juppé va nous gérer la France à la manière d’un terrain de camping. Calais n’est-il pas un exemple à suivre ?

La dangerosité de ce discours « d’identité heureuse » capitulatrice est le sérieux, cette gravité avec laquelle son auteur l’énonce. Sur l’air du gourou pétri de sagesse, l’énergumène invite à la soumission la plus lâche, à l’indignité programmée. Sans rire. Sans tristesse. En toute bonhomie.

Plus à l’écoute de la musique que des paroles, l’électeur moyen se laisse bercer par ce doux ronron. Comme il l’a été par celui de François Hollande. Lors de ces joutes électorales, l’enrobage semble être l’élément déterminant. Alain Juppé pourrait dire qu’il veut déclencher la Troisième Guerre mondiale qu’il se trouverait encore quelques beaux esprits pour estimer l’idée originale et porteuse d’avenir.

« Courage, soumettons-nous », dit calmement et avec des mots choisis le chauve bordelais. La peur en bandoulière, l’ex-chevelu propose la paix par la concession. Le syndrome de Stockholm posé en mode de gouvernance. L’identité peureuse. Salles de prière jusque dans les ascenseurs, accommodements divers et variés… Jusqu’où ? À partir de quelles soumissions va-t-on devenir très heureux ? Et à trop lâcher, ne risque-t-on pas l’overdose de nirvana ? Le trop plein de bien-être ?

Le ravi de Bordeaux semble croire qu’après quelques aménagements, tout rentrera dans l’ordre. L’envie de rire nous prend… Croit-il vraiment à un tel conte de fées ou bien fait-il semblant pour nous faire marcher ? Les quelques éveillés de la crèche se demandent s’il n’est pas en plein sketch… Le bougre n’a pas l’air de se rendre compte qu’il va, bien au contraire, mettre du carburant dans le réservoir. Décupler les exigences. Tirer sur un fil qui n’a pas de fin… L’identité foireuse. Le slogan peut être retravaillé d’ici le printemps 2017. Ou 2022. À 77 ans, avec un bon Alzheimer, le programme serait décoiffant.

Jany Leroy
Auteur pour la télévision.

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #Juppé

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