Arrêté anti-burkini : Nice met en avant des risques de « guerre civile »

Publié le 1 Septembre 2016

Arrêté anti-burkini : Nice met en avant des risques de « guerre civile »

L’avocate qui représente la ville de Nice déplore la décision du Conseil d’État d’empêcher les arrêtés anti-burkini pris dans une trentaine de communes françaises.

La polémique continue, malgré la décision du Conseil d'État qui fait office de jurisprudence. L'avocate de la ville de Nice a défendu mercredi l'arrêté « anti-burkini » de la municipalité en assurant qu'il y avait « déjà » eu dans la commune « des troubles à l'ordre public », allant jusqu'à évoquer « une population [...] presque au bord de la guerre civile ». «Selon l’ordonnance du Conseil d’État, un arrêté comme celui de Nice peut être pris s’il y a un risque avéré de trouble à l’ordre public», a exposé Me Pauline de Faÿ, avocate au barreau de Paris, représentant la municipalité devant le tribunal administratif de Nice. «En l’espèce, non seulement il y a un risque avéré, mais il y a même déjà des troubles à l’ordre public», a-t-elle ajouté.

Nice est « une ville meurtrie » et « la population est traumatisée et presque au bord de la guerre civile », a-t-elle argumenté à l'audience, en ajoutant : « Les plages sont en contrebas du lieu de l'attentat, là où les gens se sont réfugiés le 14 juillet », jour de l'attentat commis sur la promenade des Anglais, et « il y a des exemples dans la presse et sur les réseaux sociaux de paroles racistes, les gens se disent racistes et prêts à en découdre. C'est regrettable, mais il y a donc bien des risques de troubles à l'ordre public ».

Assignée en justice, tout comme Nice, par la Ligue des droits de l'homme (LDH) et le Collectif contre l'islamophobie (CCIF), la ville de Menton a aussi argué devant le tribunal niçois d'un contexte particulier pour justifier son arrêté à l'audience mercredi. Son avocat, Me Fabrice Barbaro, a cité les sentiments racistes qui se développent dans une partie de la population de cette ville frontalière face à l'afflux de migrants africains, très nombreux dans la ville voisine Vintimille,en Italie. « Le fait que des migrants passent par la mer en nageant tout habillés a provoqué des rumeurs récurrentes et malveillantes quant à la présence de maladies graves et relatives à la salubrité », a-t-il expliqué à l'Agence France-Presse. La décision du tribunal administratif de Nice est attendue jeudi.

Le Point

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

Commenter cet article

Jonathan Balsamo 01/09/2016 19:39

Se baigner en Burkini peut provoquer des maladies liés au mauvais hygiène du Burkini !