Budget : le dernier tour de passe-passe signé Hollande

Publié le 15 Septembre 2016

Budget : le dernier tour de passe-passe signé Hollande

Mesures électoralistes sur les ménages, baisse symbolique de l’impôt sur les sociétés, dépenses non financées… Le dernier budget du Président sera à l’image du quinquennat :

un grand bidouillage

Que ce soit pour les ménages ou pour les entreprises, les grandes mesures fiscales du prochain projet de loi de finances sont désormais connues. Un budget au sein duquel nombre de dépenses annoncées par François Hollande cette année pèseront surtout… en 2018. Un boulet à plus de dix milliards d’euros pour son successeur. Ce qui laisse à penser qu’il ne croit plus vraiment en ses chances …

Une de fois de plus, les classes moyennes supérieures seront oubliées !

La baisse d’impôt pour les ménages sera bien d’un milliard d’euros et concernera cinq millions de foyers dont les revenus n’excèdent pas 1,5 smic par personne. Pour ceux-là, l’impôt sur le revenu (IR) baissera de 20 %. Pour tous les autres,c’est-à-dire les classes moyennes et supérieures qui payent aujourd’hui 20 milliards d’euros d’IR de plus qu’il y a cinq ans, le fardeau restera toujours aussi lourd !

Côté entreprises, on peut saluer un effort … mais pour 2018 !

Une première baisse symbolique de l’impôt sur les sociétés (IS) va s’amorcer. Les PME de moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires seront taxées à 28 % (moyenne européenne) contre 33,33 % aujourd’hui, mais uniquement dans une fourchette comprise entre 38 120 et 75 000 euros de bénéfices (sous 38 120 euros, l’IS est à 15 %). Là aussi, crédit d’impôt oblige, les 3,5 milliards d’euros de coût de la mesure seront reportés sur le budget 2018.

Hollande laisse filer les dépenses … et donc les déficits !

Electoralisme : la seule grande inconnue reste le niveau de contrôle de la dépense. Début juillet, le gouvernement a rayé d’un trait de plume le sacro-saint plan d’économie de 50 milliards pourtant désigné comme l’objectif cardinal de la politique budgétaire depuis deux ans. Ce sera finalement 46 milliards, a dévoilé François Hollande lors de son interview du 14 juillet. Ce qui signifie qu’il faudra réaliser 15 milliards d’économies l’année prochaine. Évidemment, comme les années passées, elles ne seront pas au rendez-vous. Pour rappel, la Cour des comptes cherche toujours les 18 milliards d’économies promises en 2015.

En réalité, mai 2017 approchant, le Président a multiplié les dépenses électoralistes cette année. La baisse d’impôt pour les ménages annoncée vendredi en est le dernier avatar. Revalorisation des salaires des fonctionnaires, hausse des honoraires des médecins, plan pour l’emploi…

La note laissée par François Hollande à la prochaine mandature pourrait tutoyer les 10 à 12 milliards d’euros selon le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, le député LR Gilles Carrez.

« Un quinquennat inversé » … Jamais inversé !

En 2012, François Hollande avait théorisé le concept de « quinquennat inversé » : une première moitié de mandat consacrée au redressement des comptes publics par des hausses d’impôts (dont le FMI jugeait à l’époque l’impact moins important sur la croissance que la baisse des dépenses), avant de basculer dans la redistribution.

C’est ce que tentent de vendre François Hollande et Manuel Valls aujourd’hui en affirmant que les impôts baissent depuis 2014. En deux ans, plus de deux millions de foyers sont en effet sortis de l’impôt. Il n’y a plus que 17 millions de foyers qui payent l’IR en France, contre 19 millions de foyers non imposables.

Mais dans le même temps, les recettes tirées de l’IR ont continué d’augmenter (+3,5 milliards d’euros).

Moins de contribuables, plus de recettes : c’est un impôt de plus en plus concentré,
dont 70 % des recettes reposent sur seulement 10 % des foyers.

Les impôts ont bien baissé pour les foyers sous 1,5 smic. De 6 milliards au total fin 2017. Mais pour les quelques millions de foyers sur lesquels pèsent 50 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires par rapport à 2012, rien n’a changé.

Raphaël Legendre

l’Opinion

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Hollande

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