Cette gauche qui veut achever la France et les classes moyennes !

Publié le 25 Septembre 2016

Cette gauche qui veut achever la France et les classes moyennes !

Les candidats à la primaire socialiste font assaut de démagogie. Leurs chances sont faibles pour 2017 mais fortes pour 2022 (puisque le balancier politique ne cesse d’osciller) et donc les propositions actuelles seront sans doute mises en application dans six ans. Elles font peur !

Madame Lienemann propose une sixième semaine de congés payés, et de passer aux 32 heures sans perte de salaire, soit une augmentation de 11 % du coût du travail (92 milliards). Elle envisage de financer tout ceci grâce aux cotisations chômage. Si cette réduction du temps de travail était intégralement compensée par des créations d’emploi (économiquement impossible), 2,5 millions de chômeurs sur 5,5 millions trouveraient du travail. Le budget de l’ASSEDIC étant de 52 milliards d’euros, cette folie pèserait 40 milliards sur notre budget ou plutôt sur les entreprises, d’où une perte colossale de compétitivité et une accélération du chômage. Au final, la France se retrouverait appauvrie avec, au mieux, le même taux de sans-emploi qu’actuellement et, au pire, un taux bien supérieur…

M. Hamon et M. Valls veulent instaurer le revenu universel.

Il est remarquable que tous les articles qui en parlent listent longuement les avantages de ce dispositif et évacuent à la fin, en quelques lignes, son problème principal : l’impossibilité de le financer sans sacrifier les classes moyennes ! Pour une allocation mensuelle (modeste) de 550 €, il faut 400 milliards d’euros. On verse actuellement 100 milliards de prestations sociales (APL, RSA, bourses), mais comme le montant de revenu universel distribué sera faible, on ne pourra pas tout supprimer. On ne récupérera au mieux que 50 milliards sur les aides actuelles. 90 milliards peuvent être trouvés en créant de la monnaie ex nihilo.

Cette proposition économique solide et raisonnable est émise depuis 50 ans mais elle ne permettrait de distribuer que 100 € mensuel à chaque Français. Restent donc 260 milliards à trouver ! Plus que la CSG et l’impôt sur le revenu réunis ! En Finlande, qui est sur le point d’adopter un revenu universel de 550 €, on parle de taxer à 42 % les salaires au-dessus de 550 € ! Un smicard gagnerait par mois 220 € en plus, mais sur un salaire de 2.000 € vous perdez 100 € ; à 3.000 €, vous êtes taxé de 500 € et à 10.000 €, on grimpe à 3.000 ! Un cauchemar !

Autre piste évoquée par la fondation Jean-Jaurès : supprimer retraites et Sécurité sociale. Ne seraient plus remboursés que les coups durs (hospitalisation, cancer, etc.) et on verserait uniformément 1.200 euros à tous les Français de plus de 65 ans. Résultat : les actifs dépenseraient plus que ce qu’ils toucheraient pour s’assurer une couverture médicale et se constituer un tout petit complément retraite. 5 millions de personnes âgées verraient leurs revenus amputés de 20 à 60 % ! Mais cette régression sociale ne gênerait pas la gauche car elle ne toucherait pas ses électeurs.

Christian de Moliner
Professeur agrégé et écrivain

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Socialistes

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