Charlie Hebdo : le vide et l’imposture

Publié le 4 Septembre 2016

Charlie Hebdo : le vide et l’imposture

La nouvelle caricature de Charlie Hebdo, « Séisme à l’italienne », comparant à de la sauce tomate le sang des victimes du récent tremblement de terre qui, en Italie, a fait 294 victimes, et leurs corps à de la viande hachée a déclenché l’indignation générale dans la péninsule.

On y accuse leur habituel mauvais goût, leur manque de tact. Mais d’humour, surtout. Car associer les Italiens aux pâtes, à moins de l’insérer dans un contexte culinaire ou d’être un crétin, ça ne fait rire personne. Cela révèle plutôt l’absence d’un message, ce qui est quand même le comble pour une satire. Dénoncer les mœurs avec un humour grinçant, prendre à partie les défauts de ses contemporains et de la société, voilà ce qui devrait être le but d’un journal satirique qui se respecte. Mais Charlie Hebdo ne respecte rien, ne se respecte pas, il vit du seul scandale. L’intention de la vignette, cela n’aura échappé à personne, étant exclusivement d’attirer l’attention pour relancer les ventes, en diminution constante à mesure que l’on s’éloigne de l’attentat qui a tué six de leurs confrères (et elles étaient dérisoires avant).

Pendant ce temps, en Italie, sur les réseaux sociaux et dans les milieux institutionnels, les critiques font rage. À tel point d’avoir fait naître un petit racisme anti-français. Parce que le citoyen moyen italien, qui avait exhibé les pancartes « Je suis Charlie » par solidarité avec le journal (dont il ignorait le contenu, heureusement), ne s’attendait pas à ce que l’on crache sur ses morts. Alors, empressons-nous d’informer nos cousins italiens : non, Charlie, ce n’est pas la France. Non, les losers de Charlie Hebdo ne sont pas français : ils sont trotskistes. Donc internationalistes et antinationaux. Il suffit de lire le canard pour s’en assurer. En retour, en France, plus personne ne les lit.

Le message de Charlie est bidon. Et pour cause, ses « journalistes » se font les chantres de la liberté d’expression, mais n’hésitent pas à la bafouer quand ils militent, par exemple, pour l’interdiction du Front national qui, quoi que l’on en pense, représente l’expression de millions de Français. Charlie Hebdo est donc une imposture. Un peu comme quand il s’érige en héros anti-système alors que c’est ce même système qui le fait vivre – voir les millions d’euros de perfusion financière de l’État français qui ont permis sa survie en kiosque.

Ses provocateurs n’ont pas, non plus, le courage d’aller jusqu’au bout de leur démarche « humoristique » : après s’être raillé des victimes italiennes d’un séisme, ou de celles de l’attentat de Bruxelles (couverture représentant le père du chanteur Stromae déchiqueté en morceaux, dont le corps avait été dépecé durant la guerre du Rwanda), on attend encore la caricature se moquant de leurs confrères gisant au sol. À moins que ce ne soit pas rigolo ?

Audrey D’Aguanno
Journaliste

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #medias

Commenter cet article

jean 06/09/2016 02:46

debile!!!