Chômage : Myriam El Khomri devait changer de lunettes… et de travail !

Publié le 30 Septembre 2016

Chômage : Myriam El Khomri devait changer de lunettes… et de travail !

Le ministre du Travail Myriam El Khomri a raté sa vocation de comique. Quand les chiffres de Pôle emploi annoncent une baisse du chômage, il faut les prendre en considération ; quand ils annoncent une hausse, ils ne veulent rien dire.

Et c’est ainsi qu’interviewée sur Radio Classique, le 27 septembre, elle a balayé d’un dédaigneux revers de main les 52.400 chômeurs de plus pour le mois d’août 2016 – pourtant la plus forte hausse enregistrée depuis le début du quinquennat socialiste.

Les chiffres, pour El Khomri ? Pouah, « qu’ils soient bons ou mauvais il faut regarder les tendances ». Et de brandir celles de l’INSEE, autrement plus capable que Pôle emploi sur le sujet, qui indiquent une courbe descendante passant de 10,5 % au troisième trimestre 2015 à 9,9 % au second trimestre 2016.

On applaudit des deux mains ! Et puis, d’abord, « les chiffres mensuels ne sont pas l’alpha et l’oméga de la politique qui est menée » ! Un ministre du Travail fâché avec les mathématiques, il ne manquait plus que ça…

Par exemple ! En 2011, François Hollande s’y connaissait pourtant drôlement en chiffres, qu’il pointait du doigt « le chômage élevé » qui venait sanctionner la politique du Président sortant, qu’il accusait de s’en « exonérer par la crise ». Ce qui ne l’empêchera pas de considérer, dans Conversations privées avec le Président d’Antonin André et Karim Rissouli, que, ma foi, « on n’élit pas un Président sur “il a fait un peu plus ou un peu moins pour le chômage” ». Les Français ne vont quand même pas chipoter pour 1.300.000 chômeurs en plus en quatre ans…

Et Ségolène Royal ! Elle en perdait le sommeil, au point qu’au mois de juin 2011, elle se fendit d’un tweet : « La dette publique a encore augmenté et le chômage aussi. Mais jusqu’où va-t-on descendre ? Une autre politique est urgente. » Un mois plus tard, complètement effondrée, elle enfonça le clou : « Le chômage a encore augmenté. La France n’est ni présidée, ni gouvernée… »

Mais, toute ragaillardie, devenue ministre de l’Écologie, elle déclara, grave et déterminée, en janvier 2015, qu’il fallait« absolument » que cette année-là soit celle « de l’inversion de la courbe du chômage »

Il conviendrait mieux de « regarder l’INSEE » plutôt que se fier aux chiffres de Pôle emploi, nous conseille El Khomri ? Eh bien, regardons-les, justement, ses courbes et ses chiffres en nombres de chômeurs, toutes catégories confondues.

1975 : 689.000
1981 : 1.486.000 (trimestre 1)
1988 : 2.243.000 (trimestre 4)
2007 : 2.209.000 (trimestre 3)
Mai 2012 : 4.968.400
Août 2016 : 6.275.800

Y a pas à dire, depuis quarante ans, elle s’inverse, la courbe du chômage ! Myriam El Khomri devrait changer de lunettes… et de travail !

Caroline Artus

Ancien chef d'entreprise

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Emplois

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