Hollande, salle Wagram, c’était morne plaine

Publié le 11 Septembre 2016

Hollande, salle Wagram, c’était morne plaine

Hollande a tenu, devant le dernier carré de ses fidèles, un discours qui n’a été qu’une morne plaine de lieux communs et d’idées creuses dont il nous rebat les oreilles depuis plus de quatre ans. Cette manifestation était à nouveau une opération de relance pour un mandat qui est allé d’échec en échec pour le Président, mais aussi et surtout pour la France. On y chercherait en vain un moment éclairé par le soleil d’Austerlitz.

Le Président a déçu les uns qui, au mépris de la laïcité, croyaient encore au miracle. Il a amené les cireurs de bottes patentés qui, comme on le sait, ont leurs entrées à l’Élysée à célébrer un événement, pour ne pas dire un réveil.

Objectivement – et certains journalistes, sur les chaînes d’information, ont été ravis que la politique s’engage dans le spectacle auquel ils la réduisent -, il a parlé d’élection et a rappelé, l’œil en coin, que c’était lui qui avait l’onction du suffrage universel. Il a bien fait car on a tellement de mal à s’y faire qu’on finit par l’oublier. Il a, donc, sans doute lancé sa campagne présidentielle. Wagram est une belle victoire qui n’a pas servi à grand-chose. Hollande n’aura servi à rien.

De Gaulle voyait la France comme une personne dont on pouvait avoir une certaine idée inséparable de la grandeur. Hollande réduit, au contraire, la France à n’être qu’une idée, un concept plus important que son identité, que sa réalité charnelle.

Ce discours n’a d’autre portée que de le situer face à ses concurrents de droite lors des présidentielles auxquelles il a bien l’intention de participer en espérant que le jeu des primaires et des divisions lui réserve un adversaire moins difficile à battre et, surtout, le miracle d’une présence au second tour. Les applaudissements de quelques grognards naguère frondeurs s’expliquent par cette perspective, cette bouée à laquelle ils peuvent espérer accrocher leur circonscription.

Le sujet était apparemment la France face au terrorisme. En fait, c’était Hollande face à ses concurrents, ceux de gauche peu présents sur le thème de la sécurité, et ceux de droite particulièrement ciblés.

Pour convaincre, d’abord quelques poncifs éculés qui s’imposent aux distraits à force d’être rabâchés : « La démocratie est plus forte que la barbarie… D’ailleurs, les démocraties gagnent toujours les guerres… » Hier, il a ressemblé, sans même s’en apercevoir, à Paul Reynaud et à sa grotesque déclaration de 1939 : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts. » Le cancer islamiste atteint sévèrement notre pays et ce n’est pas l’illusion communautariste et l’incantation selon laquelle la majorité des bons musulmans vont le résorber qui apporteront une solution.

Le candidat Hollande a dit que c’était la démocratie, son droit, son respect de la liberté qui allaient l’emporter. Mais, ce disant, ils visait ceux qui, dans l’opposition, estiment qu’une guerre ne peut être gagnée contre le terrorisme qu’en adaptant le droit au combat à mener. Certes, il a raison pour les longues privations de liberté sans décision judiciaire. Mais il a le grand tort de mettre sur le même plan le droit du sol, le regroupement familial et l’expulsion des étrangers. Le premier principe correspond à un fondement du droit qu’on peut considérer comme universel, l’habeas corpus. Les autres sont des droits que la pression des modes juridiques internationales impose au peuple français dans son accueil des étrangers. Un changement radical sur ces questions est non seulement possible, il est nécessaire et ne remettrait nullement en cause l’État de droit. Quant à la condamnation d’individus ayant un contact avec l’ennemi, elle est également possible, mais il faut que la loi soit renforcée pour que les tribunaux puissent intervenir efficacement.

Un grand journal du soir a parlé du rebond ou du plongeon. Un petit « plouf » a été entendu aux abords de la salle Wagram.

Christian Vanneste
Homme politique

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Hollande

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