François Hollande, (pire) homme d'Etat de l'année

Publié le 25 Septembre 2016

François Hollande, (pire) homme d'Etat de l'année

L'Oiseau moqueur, sous la plume d'Irina de Chikoff, persifle l'actualité. Cette semaine, François Hollande a reçu le prix de l' «Homme d'Etat de l'année» tout en pensant à 2017.

Irina de Chikoff est journaliste et écrivain. Elle a longtemps été correspondante à Moscou pour Le Figaro.

Sur un lustre perché, l'oiseau moqueur regarde, goguenard «l'Homme d'Etat de l'année». Malgré ce prix qui lui a été décerné à New York par la Fondation Appeal of conscience, le président de la République à l'air tristounet. Depuis son retour, il manque d'entrain. La polémique sur nos ancêtres les Gaulois aurait dû le distraire, lui donner l'occasion de feindre l'indignation citoyenne ou bien de lancer une vanne à son meilleur ennemi mais non, il n'a le goût à rien. Pensez! Passer comme ça, des ovations, des embrassades, de son discours aux Nations-Unis, au train-train de son agenda prosaïque!

En ce jour, François enchaîne les entretiens utiles certes, mais terre à terre. Avec le délégué ministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-Mer. Avec le Président du comité national des pêches maritimes et des élevages marins. Avec le chef du groupe…. Du groupe de quoi déjà? Et samedi soir, il devra assister à la clôture du Congrès annuel des Sapeurs-pompiers. Misère!

Ah cela avait une autre allure de recevoir son award des mains de ce dear Henry Kissinger, de donner l'accolade à Barak Obama qui fut si friendly avec lui !

Ah cela avait une autre allure de recevoir son award des mains de ce dear Henry Kissinger, de donner l'accolade à Barak Obama qui fut si friendly avec lui et d'assister au Waldorf Astoria au brillant diner en son honneur de lauréat avec pour convives tout l'establishment newyorkais! On le congratulait. On louait son humour, sa bonhommie et on le félicitait pour son leadership dans la sauvegarde de la démocratie, de la liberté. Sa contribution à la stabilité et à la sécurité du monde!

François à ce doux souvenir soupire. D'aise et de regret. Sur son lustre perché, l'oiseau moqueur a éclaté de rire. Le président lui jette un regard noir. Sale bête! Toujours à persifler ce maudit volatile! Avec une mauvaise foi scandaleuse. Dans les émissions télévisuelles les plus suivies, tous les commentateurs, rarement tendres avec lui, ont reconnu qu'en politique étrangère, François avait tout bon. Enfin presque. Certes, le monde n'est pas devenu plus stable, ni plus sûr depuis le début de son quinquennat - il aurait même tendance à perdre tout équilibre - mais la fermeté de François, sa détermination en Afrique, comme en Europe et au Proche-Orient ont été salués.

Pas par les sondages ! Pas par les sondages ! Il m'agace cet oiseau !

Pas par les sondages! Pas par les sondages! Il m'agace cet oiseau! Les sondages, François ne les lit même plus. Ou en biais. De travers. Avec un filtre. De toute façon, c'est bien connu, le peuple est ingrat. Tous les Grands ont eu à souffrir de sa versatilité. A commencer par le général de Gaulle. D'un pas altier, il était parti sillonner les côtes torturées d'Irlande. Seul et digne face à l'océan déchaîné. François ferme les yeux. Pour un peu il évoquerait Victor Hugo à Guernesey: Oh combien de marins, combien de capitaines, combien ont disparus…. Pourtant le lyrisme ce n'est pas son genre. D'ailleurs, sondages ou pas, «l'Homme d'Etat de l'année» croit encore à sa fortune. Ou plutôt au trou de la souris. Ses adversaires, comme les traîtres - Tiens-toi bien Macron - n'en ont pas fini avec François. Il a encore bien des attrape-couillons à leur service. Et à celui du bon peuple.

Le président semble avoir retrouvé sa belle humeur. Il cligne de l'œil, sourit dans son double menton, tambourine gaiement sur son bureau. C'est le moment que choisi l'oiseau moqueur pour lui rappeler que parmi ses prédécesseurs récompensés par la Fondation Appeal of conscience, figurent l'ancien Président Lula Da Silva, aujourd'hui inculpé pour corruption, David Cameron disparu des écrans pour avoir joué le Brexit au poker-menteur et Angela Merkel. Elle vient de perdre deux élections dans le Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin. Hi! Hi!

lefigaro.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Hollande

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