Île-de-France : deux camps de migrants d’ici décembre

Publié le 14 Septembre 2016

Île-de-France : deux camps de migrants d’ici décembre

Ce n’est pas un mais deux camps de migrants qui verront le jour en Île-de-France. En mai, Anne Hidalgo avait révélé son projet d’ouvrir un espace « humanitaire » pour les réfugiés vivant à Paris, afin de leur offrir « un accueil digne ».

Au cours de l’été, il a été décidé que le centre d’accueil serait, en fait, implanté sur deux sites différents. Philippe Bouyssou, maire communiste d’Ivry-sur-Seine, a ainsi annoncé que le second camp ouvrirait dans sa commune, les deux espaces étant gérés par les deux communes concernées, en partenariat avec Emmaüs Solidarité. Le maire de Paris se félicite de ce projet qui, selon elle, « correspond à nos valeurs ».

Le premier camp sera installé le long du boulevard Ney, dans le XVIIIe, et n’accueillera que des hommes. Tandis que celui d’Ivry, réservé aux femmes, ouvrira en décembre. Au total, mille places sont prévues (600 à Paris et 400 à Ivry-sur-Seine).

Outre le mécontentement des riverains qui se plaignent de n’avoir guère été consultés, certains élus de l’opposition ont exprimé de fortes réserves quant à ce projet.

La question du coût est au centre de la polémique. Il serait de 40 euros par jour et par personne, ce qui donne 14.600.000 € par an pour l’ensemble des mille migrants.

Outre le gîte et le couvert, les réfugiés bénéficieront d’une aide juridique et sociale, ainsi que de consultations médicales et psychologiques gratuites. Ajoutons à cela les 15 millions d’euros alloués à la construction des deux camps. Même à gauche, certains parlent d’un « défi budgétaire ».

D’autres se demandent si cela n’ouvre pas la voie à l’ouverture d’autres camps similaires financés par l’argent du contribuable. La maire de Paris a elle-même affirmé : « Si d’autres sites doivent être créés, nous le ferons. »

Enfin, la création d’un camp pour hommes et d’un autre réservé aux femmes a beaucoup surpris. Les associations interrogées invoquent l’argument de la capacité d’accueil, quand ce n’est pas celui du confort (les femmes avec enfants ayant besoin d’aménagements spécifiques et de meilleures conditions).

Dans ce cas, on aurait pu opter pour deux camps mixtes, ou un grand centre avec deux sections : une pour hommes seuls, l’autre pour les familles. Ici, c’est bien deux camps séparés qui ont été mis en place.

Au fil de l’enquête, on apprend que, dans certains camps de migrants, de vives tensions auraient éclaté, les hommes ne voulant pas côtoyer de femmes lors des repas. Plus grave : certaines réfugiées (souvent des chrétiennes) auraient subi des agressions, voire des violences sexuelles de la part de migrants de sexe masculin, excités par la vue d’une femme non voilée.

Serait-ce là une des raisons de la double implantation du camp francilien ? En pleine campagne gouvernementale contre le sexisme, cela ferait tache.

Nicolas Kirkitadze
Etudiant en Histoire

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Immigration

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