Le camp du Bien, victime de ses mensonges

Publié le 12 Septembre 2016

Le camp du Bien, victime de ses mensonges

Le camp du Bien devient, partout, une attraction où s’exposent, sans retenue, la vanité et le mensonge. L’auto-contentement des donneurs de leçons n’est évidemment pas une découverte. Mais le vernis craque chez les nouveaux aristos sans manière, qui exposent au public le vide dont ils sont emplis. Ils supportent de moins en moins d’être contrariés dans leur narcissisme. Critiqué pour la rentrée de son émission On n’est pas couché, sur France 2, Laurent Ruquier s’en est pris "aux connards de la fachosphère", cette nouvelle insulte servie par les médias officiels contestés. Plus sérieusement, Hillary Clinton, en difficulté devant la montée en puissance de Donald Trump, a fait un faux qui risque de lui coûter cher en qualifiant ce week-end les électeurs de son concurrent d’être pour la moitié d’entre eux "pitoyables, racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes". Ses dénis sur son état de santé préoccupant, qui l’oblige à suspendre provisoirement sa campagne, s’ajoutent à une morgue que l’on retrouve en France chez ceux qui se disent rassembleurs tout en excluant les dissidents.

Ce magister moral ne tient plus que par la mauvaise foi et l’insulte. Ce lundi dans Libération, Christiane Taubira s’en prend à "la désinformation méthodique du Figaro" qu’elle juge "caricaturale". "Moi je n’ai pas les compétences pour guérir les gens du Figaro", moque celle dont le successeur, Jean-Jacques Urvoas, a entrepris de reprendre en main le laxisme de la politique pénale. La ministre des Familles, Laurence Rossignol, qui ne s’interdit aucune outrance militante, explique dans le magazine féminin Grazzia du 9 septembre que le "retour des intégrismes religieux" et "la montée des extrêmes" sont symbolisés par… "la Manif pour tous et tout ce qu’elle exprime". Il est tout aussi piquant de lire, sous la plume de mon confrère de L‘Humanité Maurice Ulrich une charge féroce contre Heidegger (1) et sa pente hitlérienne qui fit "cinquante millions de morts dont six millions d’être humains systématiquement exterminés", sans aucun rappel critique de ce que furent les horreurs communistes, fruits empoisonnés de Marx et de son Manifeste (2), comme la bien démontré l'ancien communiste André Senik. Mais, au fait : qui prend encore au sérieux le camp du Bien, ses fausses certitudes, son sectarisme, ses injustices, son manichéisme ?

Ivan Rioufol

(1) Heidegger et le Golem du Nazisme, Arcane 17

(2) Le Manifeste du parti communiste aux yeux de l’histoire , Pierre-Guillaume de Roux

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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