Le vivre-ensemble à la française vu par un Français

Publié le 18 Septembre 2016

Le vivre-ensemble à la française vu par un Français

Le vivre-ensemble à la française désigne des Français vivant ensemble, et vivant ensemble parce qu’ils sont français. Quelles que soient leurs tenues vestimentaires ou leurs idées, le drapeau tricolore est leur référence. Cette référence ne saurait être, de ce fait, le voile, la burqa, la djellaba, pas plus que le croissant, l’étoile et le sabre.

Oui à la tenue vestimentaire de Raymond Devos ! Non à celle du Prophète ! Oui aux discours de Victor Hugo à l’Assemblée nationale ! Non à ceux de Tariq Ramadan au Bourget ! Raymond Devos joue. Le Prophète ne joue pas. Victor Hugo universalise la pensée. Tariq Ramadan l’islamise. Le vivre-ensemble à la française, c’est l’union du jeu et de l’universel.

Ce vivre-ensemble ne se décrète pas du haut de je ne sais quel ministère : il se rencontre sur les chemins du quotidien, et n’a nul besoin de se justifier : il se vit ! Il se vit d’ailleurs d’autant mieux qu’il n’alimente aucune conversation, puisqu’il les permet toutes.

Le vivre-ensemble à la française sait donc être fraternel, mais il sait aussi être lucide. Il n’est ni la résultante d’une inimitié ni celle d’un aveuglement : il est une expérience qui s’expérimente elle-même et qui jouit du bonheur d’être libre.

Or, être libre, c’est pouvoir dire « non ».

C’est la raison pour laquelle le Français se moque des croyances, puisqu’il peut les juger, comme il se moque de lui-même, puisqu’il peut se juger. Il ne jalouse pas les grands courants de son temps : il en est un ! Ce qu’il veut, c’est respirer à la française, c’est-à-dire chérir les humains dès lors qu’ils se comportent humainement. D’où l’importance des rapports hommes/femmes, et de l’égalité qui en découle.

Dans le vivre-ensemble à la française, l’homme et la femme ne font qu’un parce que les droits et les devoirs de l’un sont les droits et les devoirs de l’autre. Cela vaut pour la profession comme pour l’intimité. La vertu, c’est aussi la liberté sexuelle ! Cette liberté appelle la réciprocité. Le plaisir est séduction ; la séduction est plaisir. Chaque sexe est la gloire de l’autre – gloire sommitale s’il en est, qui n’exclut ni l’humour, ni la politesse, puisque l’humour est esprit et que la politesse est attention à l’autre.

Le Français ne vit point pour autant dans l’utopie. La paix à laquelle il aspire n’est pas un absolu. Ses joies sont plus modestes, à l’image d’une partie de pêche ou d’un apéro saucisson-pinard ! C’est à ce niveau qu’il peut pardonner. Mais s’il y a guerre, alors il fait la guerre, et ne pardonne point ! Car la guerre ne peut se moraliser : ou on la gagne – et l’on tue ; ou on la perd – et l’on est tué !

Par suite, ce n’est pas « le vivre » qui détermine « l’ensemble », mais « l’ensemble » qui détermine « le vivre ». C’est l’ensemble qui efface ou non les différences et les oppositions. C’est lui qui atténue ou accentue les ressemblances. Dialoguer ou se serrer la main ne suffit pas. L’essentiel n’est pas dans les convenances, mais dans l’adhésion aux convenances. Ce qu’il faut, ce n’est pas la loi, mais l’adhésion à la loi.

Le vivre-ensemble à la française, c’est l’extension d’un même élan dans un même espace. D’où l’importance des engouements populaires, comme le montrent les concerts de Johnny Hallyday, le Tour de France ou la Coupe du monde de football. Ces grandes manifestations sont autant de façons d’honorer ce que nous sommes : avec Johnny Hallyday, nous sommes lumière et passion ; avec le Tour de France, nous sommes effort total au cœur de paysages magnifiques ; avec la Coupe du monde de football, nous sommes à l’unisson.

Tel est notre moteur intérieur, qui alimente aussi bien l’amour de la fête et du beau que l’amour de la culture – à commencer par la langue et l’Histoire. La France véritable n’est pas ailleurs.

Notre force est donc multiple : c’est la belote et la pétanque, la clairette et le pastis, les chants du terroir et La Marseillaise. Mais c’est aussi Mozart, Beethoven, Bach, Vivaldi, Chopin, Tchaïkovski… Van Gogh, Renoir, Courbet, Vinci, Rembrandt, Dali… Ronsard, Montaigne, Voltaire, Rousseau, Lamartine, Chateaubriand… Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Robespierre, Napoléon, Clemenceau, De Gaulle.

Pas de vivre-ensemble à la française sans les joies simples de l’existence ! Pas de vivre-ensemble à la française sans musique, ni peinture, ni littérature, ni poésie ! Pas de vivre-ensemble à la française sur fond de repentance !

En un mot, pas de vivre-ensemble à la française sans amour de la France !

Maurice Vidal

ripostelaique.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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