Marseille: Pas de retour en prison pour les agresseurs d'un policier

Publié le 24 Septembre 2016

Marseille: Pas de retour en prison pour les agresseurs d'un policier

Quatre jeunes, mineurs au moment des faits, qui avaient agressé en juillet 2013 un policier sur une plage marseillaise, au risque de le noyer, ne retourneront pas en prison, les peines de prison ferme prononcées aujourd’hui étant couvertes par les durées de leur détention provisoire.

Les quatre prévenus, qui avaient présenté leurs excuses à l'ouverture de leur procès à huis clos aujourd’hui selon leurs avocats, ont été condamnés à 18 mois de prison dont 17 avec sursis mis à l'épreuve pour deux d'entre eux et 12 mois, dont 10 avec sursis mis à l'épreuve pour les deux autres. Le parquet avait requis 12 mois dont 10 avec sursis pour les deux premiers et 18 mois dont 12 avec sursis pour les deux derniers. L'agression de ce policier, prénommé Yazid, avait soulevé une vive émotion, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Manuel Valls, évoquant "une tentative d'homicide particulièrement grave", lors d'une visite surprise une semaine après à Marseille, sur la plage des Catalans où avaient eu les faits. L'audience devant le tribunal pour enfants de Marseille s'est ouverte, elle, dans une "ambiance sereine, les prévenus faisant part de leurs remords", a déclaré l'un des avocats de la défense, Benjamin Liautaud, lors d'une suspension de séance.

Leur victime, très marquée psychologiquement, explique souffrir encore aujourd'hui, à 38 ans, d'une insensibilité du côté droit du corps, d'une perte d'acuité visuelle et de douleurs de la mâchoire. "La seule chose qui puisse aider une victime à se reconstruire c'est la reconnaissance de la justice", avait-il déclaré à l'AFP avant son procès, disant attendre "des sanctions fermes" comme l'avait demandé Manuel Valls. Les quatre jeunes, initialement poursuivis pour "tentative d'homicide", sont finalement jugés pour "violences en réunion sur personne dépositaire de l'autorité publique". Ils comparaissent libres, accompagnés de leurs parents ou d'un autre représentant. Les réquisitions du parquet sont attendues dans l'après-midi. Le policier était en poste le 8 juillet 2013 sur cette plage à quelques centaines de mètres du Vieux-Port de Marseille, quand avait éclaté une altercation entre un groupe d'une trentaine de jeunes, et un couple de vacanciers, qui leur reprochaient d'avoir envoyé du sable sur leur bébé.

Selon l'accusation, les jeunes avaient alors attendu que le couple se baigne pour les encercler dans l'eau, avant de les insulter et menacer. C'est en intervenant pour mettre fin à cette altercation que le policier avait été à son tour pris à partie. Il avait été roué de coups et avait fini par tomber à l'eau. Plusieurs agresseurs lui avaient maintenu la tête immergée. L'un de ses collègues était alors intervenu en dispersant les jeunes avec une bombe lacrymogène. Accusé d'avoir poussé le policier, Badis, aujourd'hui âgé de 19 ans, "a reconnu sa responsabilité et a montré qu'il avait mûri", a expliqué son avocate, Ophélie Kirsch. Placé en foyer, il a depuis obtenu un CAP d'électricien. Sarah, 19 ans également, est la seule jeune femme à comparaître. "Elle s'est excusée, elle a dit qu'elle n'avait pas voulu en arriver là", a déclaré son conseil, Frédéric Monneret.

lefigaro.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Faits-divers, #Justice

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