Migrants : l’État démantèle d’un côté ce qu’il réquisitionne de l’autre

Publié le 27 Septembre 2016

La récente allocution de François Hollande à Tours fut un monument de désinformation et de mensonge prononcé d’une petite voix doucereuse.

La « volonté » du gouvernement, nous apprend Monsieur 8 %, serait « de démanteler Calais entièrement […] ». Sauf que, pendant que cette jungle se vide, à 40 km de là, celle de Grande-Synthe, depuis mars 2016, s’est aménagée avec l’importation de 275 petites maisonnettes en bois aux « normes internationales ». Un camp prévu pour 2.500 personnes avec toutes les installations sanitaires nécessaires, non pas géré par l’État mais par Médecins sans frontières et la mairie. Pourquoi le résident de l’Élysée n’en parle-t-il pas ? Et les campements parisiens à peine évacués déjà reformés, rien à dire sur le sujet, le résident de l’Élysée ?

Une fois la jungle démantelée, que vont devenir les 125 containers et autres installations sanitaires qui ont coûté, en décembre 2015, 24 millions d’euros ? Aménagements effectués suite à la condamnation de l’État par le tribunal administratif du Nord, le Conseil d’État ayant qualifié les conditions de vie des migrants dans la jungle d’« inhumaines et dégradantes ». En outre, l’État s’est engagé auprès de la Commission européenne, en juin 2015, à accueillir 9.000 migrants auxquels on a ajouté, trois mois plus tard, 24.000 personnes supplémentaires en deux ans, et François Hollande voudrait vraiment nous faire avaler la mise au rebut de ces coûteuses installations ?

L’État démantèlerait donc d’un côté ce qu’il réquisitionne de l’autre, à savoir des locaux pour les transformer en centres d’accueil et d’orientation, « des petites unités de 40 à 50 personnes »– trois fois rien – et seulement pour trois ou quatre mois – rien du tout. Et après ? Après, les migrants à qui l’État aura trouvé des« logements pérennes », selon les dires d’Emmanuelle Cosse, seront évidemment remplacés par d’autres et ainsi de suite…

Bien entendu, François Hollande se veut rassurant. Ces implantations de migrants aux quatre coins de la France se feront« avec, bien sûr, la volonté des élus, en pleine concertation avec eux […] » ! Témoin, d’ailleurs, cette scène houleuse dans une salle comble de ce village de 700 habitants, à Valfleury dans la Loire, quand Isabelle Surply, une élue Front national, interroge le secrétaire de préfecture (préfet et sous préfet ayant sans doute plus urgent à faire, ce jour-là), en substance :

"Quelle est la nature de la décision juridique imposant 50 migrants au village ?
Pourquoi laisse-t-on mourir nos sans-abri – 6.000 Français ces deux dernières années – et trouve-t-on de l’argent pour ouvrir des CAO ?
Qui va payer ?
Les migrants seront surveillés 7 jours sur 7 : sont-ils dangereux qu’il faille les surveiller à ce point
-là ?"

La « stricte » et « seule » réponse du secrétaire au milieu de son aréopage ? Ils ne sont que des « fonctionnaires, nous obéissons au gouvernement de la République en fonction des lois votées ». Cela ne vous rappelle rien ?

« Une France capable d’être digne, d’être humaniste et en même temps responsable parce que nous avons des règles claires (sic) », se gargarise l’homme à scooter. Très claires, en effet, et appliquées à la lettre. « Il ne peut y avoir en France de camps », susurre-t-il encore. CAO et autres CADA, c’est, en effet, très différent…

Caroline Artus
Ancien chef d'entreprise

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Immigration

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