Mitterrand: un centenaire et autant de mensonges !

Publié le 13 Septembre 2016

Mitterrand: un centenaire et autant de mensonges !

En pleine empoignade des primaires, et alors que la gauche explose en plein vol, dynamitée par un François Hollande à la figure de pétard mouillé, on fêtera, le 26 octobre prochain, le centenaire de la naissance du « Rastignac de la Nièvre », comme l’appelait de Gaulle.

François Mitterrand, l’ambitieux aux inusables crocs, aurait donc 100 ans, et autant d’années de mensonges. L’homme de droite devenu figure héroïque du Parti socialiste, celui par qui la France passa, le 10 mai 1981 – Jack Lang dixit –, « de l’ombre à la lumière », le modèle auquel s’accroche une classe politique déconsidérée jusqu’à la moelle, fut sans doute le plus grand menteur de la profession.

De la Francisque du Maréchal qui lui ornait la poitrine au déni de sa paternité (alors que les Français payaient, et cher, le camouflage de sa fille Mazarine), en passant par l’attentat bidon des jardins de l’Observatoire et le cancer démenti à grands cris quand il était déjà au seuil de la mort, cet homme-là aura passé toute sa vie à abuser les hommes. Et, plus encore, les femmes.

Vingt ans qu’il est mort, vingt ans que certains travaillent à sa statue. Vingt ans ! Un temps, donc, que les moins de cet âge ne peuvent pas connaître. Dommage. Cela, peut-être, leur ouvrirait les yeux sur la duplicité de ces pères la vertu corrompus jusqu’au trognon. Mais vingt ans, c’est loin. C’était le balbutiement d’Internet, l’aube évanescente des portables, la préhistoire de la génération Y, le trou noir avant les réseaux sociaux. Loin de Facebook et de Twitter, « Tonton » travaillait à l’ancienne : pour ne pas se livrer, il mettait tous ceux qui le dérangeaient – et celles qu’il désirait ! – sur écoute.

C’était l’homme du secret, quand bien même il fut de polichinelle.

Alors, pour fêter ce centenaire, la maison Gallimard s’apprête à publier sa correspondance, nous apprend Le Figaro. Oh, pas celle avec Helmut Kohl ou Mikhaïl Gorbatchev, non, mais sa correspondance amoureuse avec madame Anne Pingeot. L’épouse bis. L’accessoire qui dure. La fille de bonne famille qui le ramenait vers ses amours profondes, celles d’une province maurassienne et mauriacienne. De 27 ans sa cadette, à qui il fit cette enfant qui lui ressemble tant. L’épouse morganatique qu’il planqua dans les palais de la République, trimbala à nos frais dans des avions de l’armée, fit garder mieux qu’un fort sur la ligne de front. Anne, celle qui attendit toute sa vie et ne vit rien venir. Celle qui se cacha sous son chapeau à voilette dans le cimetière de Jarnac, contemplant de l’autre côté du cercueil l’épouse officielle et ses fils, et peut-être aussi au-delà des cyprès les maîtresses si nombreuses que le satrape collectionnait.

Sans doute me trouvera-t-on vieux jeu, mais cette publication des correspondances intimes me choque. Pire : je la trouve obscène. Que cette femme demeurée jusqu’ici modèle de discrétion accepte de divulguer ce qui relève de la stricte intimité m’écœure. Pour qui ? Pour quoi ? Dans un (rare) entretien accordé à un journaliste de la BBC, elle confiait en 2015 : « Ses lettres étaient passionnées, je les croyais. » Confidence pour confidence : les Français, aussi, croyaient à ses bobards…

Mitterrand lui avait même promis de l’installer avec leur fille à Latché : « On en fera notre maison. » Et, là encore, elle l’avait cru, avait « fait des dessins pour la bergerie, pour l’aménagement… L’idiote que je suis ! Découvrir que l’on n’est pas la préférée, c’est le plus dur. »

Une fois encore : pourquoi ce livre ? Pour dire aux Français que, comme eux, Anne Pingeot fut cocue plus qu’on ne saurait l’imaginer ?

Marie Delarue
Ecrivain

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #Socialistes

Commenter cet article