« Najat Vallaud-Belkacem, beaucoup de mensonges et peu de résultats »

Publié le 2 Septembre 2016

Annie Genevard
Annie Genevard

Annie Genevard, députée du Doubs, déléguée générale Les Républicains à l’Education et professeure de lettres classiques, réagit en ce jour de rentrée scolaire aux différentes déclarations de la ministre de l’Education nationale et fait le bilan du quinquennat Hollande.

Valeurs Actuelles. C’est la dernière rentrée du quinquennat Hollande. Quel bilan faites-vous de ces cinq années en matière d’éducation ?

Annie Genevard. Je fais un bilan très sévère de ces cinq années écoulées, sur un sujet, l’éducation, où le président de la République avait annoncé que c’était pourtant un des points majeurs de son programme. Il y a quatre ans, il était déjà à Orléans pour s’engager sur un vaste programme en matière de contrats entre l’Etat et l’école. On peut prendre les indicateurs les uns après les autres, tous sont mauvais. D’abord sur le plan politique : trois ministres en quatre ans, c’est un aveu d’échec. On ne conduit pas une bonne politique sans une certaine forme de constance.

Valeurs Actuelles. Comment jugez-vous l’action des différents ministres de l’Education ?

Annie Genevard. Il y a eu la période Vincent Peillon avec la loi de refondation de l’école qui a été un fiasco d’abord parce l’annonce des 60.000 postes dans l’Education nationale s’est faite sans contrepartie, sans rien changer au système. Il y a eu ensuite la calamité de la réforme des rythmes scolaires qui a été mauvaise pour tout le monde.

Valeurs Actuelles. Quel est votre avis, précisément sur la réforme des rythmes scolaires ?

Annie Genevard. Il a y quelques point particulièrement graves dans la réforme des rythmes scolaires. Attention : il n’était pas mauvais en soi de réformer les rythmes scolaires. La semaine sur quatre jours posait un certain nombre de problèmes mais la méthode a été absolument catastrophique. Et les résultats sont là : cela coûte très cher aux communes, c’est ruineux pour les collectivités alors qu’elles sont déjà dans des situations budgétaires épouvantables. Pour les enfants aussi, le bénéfice reste à démontrer. Cette réforme a été très mauvaise.

Mais d’autres réformes, que l’on peut aussi imputer à Najat Vallaud-Belkacem, et qui d’une certaine façon est plus grave encore, c’est la réforme du collège.

Valeurs Actuelles. Là encore, vous trouvez cette réforme néfaste ?

Annie Genevard. C’est une réforme très grave. Mais je veux faire ici une observation : que ce soit pour les rythmes scolaires ou pour le collège, ces deux réformes ce sont décidées par décret. Sur le plan démocratique, c’est fort discutable. La réforme du collège est mauvaise car elle touche à ce qui marche : les sections européennes, les classes bilangues, les langues anciennes…

Tout cela traduit des orientations idéologiques très pernicieuses. L’idée derrière est que ce qui n’est pas pour tout le monde ne doit être pour personne. C’est un postulat extrêmement dangereux, car ces options permettaient une diversification dans un collège unique trop rigide.

De plus, la ministre fait un contresens assez dramatique. Elle considère que ce qui n’est pas pour tout le monde est réservé à une élite, et que c’est un facteur d’inégalité, donc on le supprime…

Il y a eu également les nouveaux programmes. Là encore, c’est très grave. Il y a des orientations idéologiques.

Valeurs Actuelles. Après ces critiques, quelles mesures proposez-vous pour l’Education nationale ?

Annie Genevard. Il faut parler du rôle du professeur. Un professeur transmet, éveille, élève l’esprit par la culture. Parmi les enseignements, il faut aussi remettre la priorité absolue à l’enseignement de la langue française, des mathématiques, de l’Histoire tout en évitant de donner matière à détestation de notre pays. Arrêtons d’insister sur tout ce qui est mauvais, il faut aimer noter pays.

Aujourd’hui, nous avons un corps enseignant très déboussolé. On malmène énormément le métier d’enseignant, avec des réformes incessantes. A quoi bon annoncer vouloir recruter 60.000 enseignants si on est pas assuré d’avoir des enseignants de qualité, dont le niveau et l’engagement est de nature à pousser les élèves vers le haut ? Depuis 1958, il y a une réforme tous les deux ans ! Il faut réformer avec une extrême prudence et se fixer des priorités.

Il faut également rétablir l’autorité dans les établissements qui en sont dépourvus. Pour cela, il faut que les professeurs soient épaulés et soutenus par leurs hiérarchies dans les décisions qu’ils prennent. Sans cela, l’autorité ne sera pas rétablie.

Najat Vallaud-Belkacem, c’est beaucoup de mensonges, beaucoup de communication. Et bien peu de résultats.

valeursactuelles.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Gouvernement

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