Piétonnisation des voies sur berges à Paris: comme un parfum de Corée du nord…

Publié le 29 Septembre 2016

Piétonnisation des voies sur berges à Paris: comme un parfum de Corée du nord…

Aujourd’hui, c’était la piétonnisation des voies sur berges. Le maire de Paris, seul contre tous, notamment l’instance consultative qui a émis un avis négatif, l’a décidée et la préfecture, toujours courageuse, l’a admise mais constatera ce que l’expérience a donné. Les Parisiens sont des cobayes.

Anne Hidalgo ne reculera pas mais on n’avancera plus.

Dimanche, si on voulait avoir le droit de circuler en voiture, il fallait le faire avant 11 heures et après 18 heures.

Commode pour tous ceux qui avaient, par exemple, prévu de quitter Paris dans la matinée et de revenir tôt dans l’après-midi !

La détestation des voitures pour lutter contre la pollution a beau apparaître comme une cause à la mode et en partie légitime, elle est dénaturée, dévoyée, dégradée quand elle tombe, pour être respectée, dans un totalitarisme qui, pour être parisien et prétendument progressiste, dégage cependant un fort parfum coréen du nord. Les moyens pervers altèrent les plus nobles finalités, à supposer qu’en l’occurrence elle soit telle.

Quelle étrange démocratie municipale que celle qui enjoint, impose, interdit aux habitants de circuler en voiture, traite les citoyens comme des enfants, se sentirait déshonorée si elle pratiquait avec intelligence et nuance mais pose une chape de dogmatisme sur la ville qui a été la plus libre qui soit !

Quelle conception incongrue de l’autorité a ce pouvoir, cet univers socialistes dans toutes ses facettes !

Ils facilitent le désordre inutile, en état d’urgence, avec Nuit debout qui ne meurt de sa belle mort qu’à cause de la pauvreté de son dessein et de son étiolement autonome.

Mais en revanche ils décrètent, avec le maire de Paris, un caporalisme incompréhensible qui n’a pour but que de créer le maximum d’ennuis dans le minimum de temps. Paris ne sera plus une ville mais un laboratoire, plus une lumière mais un embouteillage ou un désert.

Veut-on à toute force rompre notre lien familier avec l’existence qui est d’abord le droit de libre disposition de soi et de ce dont on a besoin ? Le bonheur d’être à peu près maître de son destin ?

J’imagine tous les embarras de ce dimanche pour les Parisiens qui seront donc parfaitement préparés à la calamité de demain.

La voiture est devenue l’ennemie de l’intérieur. Pourquoi pas, mais pas avec cette rage, cette fureur, cette politique vengeresse, ce sadisme punitif !

On cauchemarde. À quand le prochain diktat collectif, la prochaine nuisance municipale ?

Corée-sur-Seine.

Philippe Bilger
Magistrat honoraire et président de l'Institut de la parole

Extrait de : Corée-sur-Seine !

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #Socialistes

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