Plus un kopeck pour la CGT et FO !

Publié le 29 Septembre 2016

Plus un kopeck pour la CGT et FO !

Stop. Je ne veux plus financer les syndicats. Depuis le 1er janvier 2015, mon salaire brut sert à engraisser nos organisations syndicales en mal d’adhérents. Cette contribution de 0,016 % apparaît sur ma fiche de paie à la suite de la vingtaine d’autres cotisations réglées par mon employeur. Je finance donc la CGT et FO. Ne souriez pas : vous aussi ! J’avais déjà appris voici quelques mois que mon argent sponsorisait chaque numéro de l’Humanité. Le quotidien communiste perçoit 0,53 euro par exemplaire, soit 6,4 millions d’euros pour 12 millions d’exemplaires vendus chaque année. L’Huma est donc le titre qui reçoit l’aide la plus élevée au numéro. Soyons clairs, ce quotidien ne survit que grâce aux subventions publiques savamment entretenues par la majorité actuelle. Il est par ailleurs en cessation de paiement depuis 2000. Et, on s’en souvient, les socialistes avaient, par amendement, annulé subrepticement la dette fiscale de l’Huma (4 millions d’euros) dans leur projet de loi de finances rectificative, en 2013.

Avec l’Huma, la pilule était dure à avaler. Mais cette fois, le financement des casseurs de FO et de la CGT devient une affaire franchement démoralisante. Plus les syndicats perdent de leur représentativité, plus l’État leur accorde des privilèges en compensation. La soi-disant loi libérale El Khomri en est l’illustration. Un article passé inaperçu proclame que les collectivités territoriales seront désormais obligées de fournir à nos syndicats des locaux à chaque fois qu’ils les réclameront car… ces organisations exercent “des missions d’intérêt général” ! On croit rêver.

Il n’y a rien à garder du syndicalisme à la française. Il est en échec sur tous les tableaux. Depuis le compromis gaullo-communiste de 1944, le pouvoir lui a donné une importance disproportionnée. Même les syndicats italiens se sont modérés. La fameuse CGIL s’est démarxisée et est devenue un syndicat responsable, constructif. En Italie d’ailleurs, 36 % des salariés sont syndiqués… contre 7 % en France.

Dans les pays scandinaves (67 % d’adhérents en moyenne), les syndicats sont autonomes. Ils proposent des assurances chômage compétitives à leurs adhérents, des assurances habitation ou automobile. Bref, ils vivent de l’argent de leurs adhérents. Chez nous, les cotisations des adhérents financent quelques pour cent seulement du budget des syndicats. Le reste est à la charge du contribuable…

Ce privilège exorbitant est un petit cadeau de notre État clientéliste. Jamais remis en cause. Ni par la gauche ni par la droite.

Eric Brunet

valeursactuelles.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #syndicats

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