Réforme des collèges : le désastre, c’est maintenant

Publié le 1 Septembre 2016

Réforme des collèges : le désastre, c’est maintenant

La réforme des collèges décidée par le ministre de l’Éducation nationale met à bas tout le système scolaire français. Dès septembre 2016, tous les programmes du CP à la troisième changent. Nous en avions parlé dans un précédent article. À quelques jours de la rentrée, le désastre continue.

Conçus à toute hâte cet été, des manuels scolaires sont repartis vers l’imprimerie en raison du grand nombre de fautes qui en jalonnaient les pages. La plate-forme d’enseignement à distance, le CNED, subit les conséquences désastreuses de cette réforme dernière minute car il faut environ un an pour écrire un cours complet. Or, toutes les classes changent, les programmes définitifs n’ont pas été décidés à temps et les moyens financiers n’ont pas été alloués à l’organisme.

Les professeurs de collège n’ont toujours pas reçu le contenu de ces nouveaux programmes. Lors des formations récemment dispensées, d’après leurs témoignages, les enseignants se sentent infantilisés par les inspecteurs et le rectorat, bien loin des difficultés du terrain. L’introduction de « l’interdisciplinarité » apparaît comme une absurdité : professeurs de SVT et de français devront de concert, par exemple, proposer un sujet commun aux élèves. Dans le témoignage recueilli par Louise Cuneo pour Le Point (édition du 30 août), les formateurs auraient proposé ce brillant sujet : « Gargantua, Emma Bovary… mangent-ils équilibré ? » Consternés, les professeurs se sentent dépossédés de leur métier par l’injonction d’appliquer des méthodes absurdes.

Désormais, le sketch des Inconnus sur l’enseignement ne sera plus caricatural : dans un souci « d’interdisciplinarité » ou d’économie, un professeur de sport prendra-t-il bientôt la place vacante en philosophie pour enseigner « les piqûres et la luxure » ?

En 1881, Jules Ferry rendit l’Instruction publique gratuite mais obligatoire, afin « de régénérer l’humanité tout entière », comme il l’annonçait dans son discours à la salle Molière. En expliquant l’idéologie de Ferry, l’historien Claude Nicolet (1930-2010) écrivait dans son livre L’Idée républicaine en France (1789-1924) que le progrès et la liberté passent par « la fonction d’enseignement – sous son double aspect de libération des esprits de l’emprise de l’Église, et d’organisation par l’État d’un service public puissant… » La dégénérescence républicaine devient manifeste dans tous les domaines. Par la suppression de périodes entières de notre histoire, le nivellement par le bas, l’altération de la langue française, l’école veut désapprendre aux nouvelles générations à penser, à croire en leur pays et à imaginer un autre système, de telle sorte qu’elles ne remettent pas celui-ci en question.

Il existe encore de petites écoles indépendantes, privées, qui refusent cette atrophie des cerveaux et luttent pour assurer un enseignement riche de sens : rares, menacées par le gouvernement et possédant peu de moyens, elles méritent tout notre soutien.

Virginie Vota

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

Commenter cet article

Carlito 03/09/2016 19:24

Pauvre France tu tue tes enfants avant qu'ils soient nés
Notre gouvernement est tombé sur la tête
Nos enfants seront lobotomisés par une bande d'ignards
A vide de pouvoir et d'argent
Donc non je ne les laisseraient pas decultivés nos enfants
Et ce si en partageant votre article

annie 03/09/2016 19:35

Pitié pour l'orthographe!! vous ne respectez même pas les plus élémentaires règles savoir conjuguer un verbe avec son sujet par exemple:! Au secours!!!