3267 blessés depuis le 1er janvier, les policiers ont les nerfs à vif

Publié le 20 Octobre 2016

Le manque de moyens et la surmobilisation des forces de l’ordre dans le cadre du plan Vigipirate fatiguent et excèdent. Mais c’est le sentiment d’être méprisés qui attise le plus la colère des policiers.

Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur et Jean-Jacques Urvoas, le ministre de la Justice, se sont relayés hier pour recevoir les syndicats des policiers et tenter de les calmer après deux nuits de manifestations. Ils ont eu fort à faire, car le malaise est profond. Au-delà du manque de moyens et de la fatigue engendrée par la lutte antiterroriste - tout cela met les nerfs à vif -, les policiers se sentent peu soutenus par les autorités et même par leur propre hiérarchie.

« Manque de considération »

Jeudi dernier, une compagnie de CRS a été contrainte de passer la nuit dans ses camions, à Deuil-la-Barre (95), le cantonnement prévu étant dans une « saleté repoussante, avec des odeurs nauséabondes ». Hier, des policiers de Toulon ont découvert qu’on leur avait alloué une voiture… trouée de balles. « On nous prête une poubelle, réagit Frédéric Piquel, secrétaire départemental adjoint du syndicat de police Alliance. C’est assez symptomatique, on se fiche de ce que l’on nous donne. Je ne pense pas qu’on donnerait une voiture avec des trous au ministre. On n’a pas peut-être pas fait autant d’années d’études que lui, mais on mérite un minimum de considération. »

Le grand mot est lâché. Ces incidents peuvent paraître mineurs en regard de l’attaque de Viry-Chatillon qui a failli coûter la vie à quatre fonctionnaires ou du guet-apens de Mantes-la-Jolie, où les policiers ont été attaqués par plus de 80 personnes. En réalité le manque de considération cristallise la colère.

3267 blessés depuis le 1er janvier

Tout y passe : les juges qui remettent en liberté des délinquants parfois arrêtés après des semaines de travail éreintant et dangereux, la paperasserie tatillonne, les injures dont sont gratifiés les fonctionnaires, les soupçons systématiques de « bavure » quand une arrestation dégénère, les affiches de la CGT dénonçant la « violence policière » lors des manifestations syndicales, alors que les blessés sont souvent plus nombreux dans les rangs des forces de l’ordre que chez les manifestants. Selon les chiffres de la DGPN*, les forces de l’ordre enregistrent une hausse de 14 % de blessés, cette année, suite aux manifestations de ce printemps. Et 3267 policiers ont été blessés dans le cadre de leur travail depuis le 1er janvier, soit 330 par mois.

ledauphine.com

Rédigé par La rédaction

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