91 % des Français soutiennent les policiers

Publié le 26 Octobre 2016

Alors que le mouvement de mécontentement des policiers oscille entre récupération gouvernementale et persistance des intéressés, un récent sondage vient confirmer le large soutien que les Français apportent à leur police. En effet, selon un sondage exclusif IFOP pour Atlantico, 91 % de nos compatriotes estiment que les récentes manifestations sont justifiées, dont 60 % tout à fait justifiées.

Ce chiffre très élevé, en dehors du fait qu’il n’est pas sans rappeler les 94 % de soutien obtenus par les forces de l’ordre lors des manifestations de 2001, s’explique autant par la bienveillance des Français envers cette corporation que par une forte demande sécuritaire. Il traduit également, à n’en pas douter, la crainte de l’ensemble de la population française de voir la situation intérieure du pays dégénérer jusqu’à déclencher des émeutes meurtrières, voire une guerre civile.

Dans ce contexte, la question qui s’impose est celle de savoir si le gouvernement socialiste en place, encore pour quelques mois, aura la volonté, les moyens et la détermination nécessaires pour prendre les mesures indispensables qui s’imposent aujourd’hui. À la lumière des événements passés, il y a fort à craindre que la réponse soit négative. Ainsi doit-on vraisemblablement s’attendre à des tergiversations, des déclarations d’intentions et de beaux discours plutôt qu’à des actes concrets et des mesures fortes.

Les premiers signes de cette démission organisée se traduisent par les tentatives de récupération du mouvement des policiers observé ces derniers jours. La prétendue entrevue, au commissariat de Créteil, du ministre de l’Intérieur avec deux policiers se présentant comme des meneurs du mouvement contestataire constitue bien l’un des premiers éléments de ce vaste mouvement de désinformation. « Yann » et « Émilie », policiers, non identifiés et venus de nulle part, demandant à leurs collègues de suspendre leur mouvement, ressemblent à s’y méprendre à des leurres.

Par ailleurs, les motifs de ce mouvement, inédit ces dernières années en ce qu’il émane directement de la base des services de la direction de la sécurité publique, et tels qu’ils sont traduits par les médias, ne doivent pas tromper.

Certes, il est question de revendications matérielles, tout à fait justifiées lorsque l’on voit l’état dans lequel se trouvent certains locaux et certains véhicules. Certes, il est question de la protection physique des agents, également justifiée lorsque l’on constate la gravité des violences dont sont l’objet les forces de l’ordre. Certes, il est question de légitime défense, tant le cadre actuel de son usage, en état d’urgence qui plus est, est inadapté aux événements. Mais il est surtout question de restauration de l’autorité de l’État, à travers la présence et l’action de ses agents sur le terrain.

 

Depuis trop longtemps, malgré les appels au secours répétés des policiers et des gendarmes, la situation sur la voie publique ne cesse de se dégrader. Le nombre de ces militaires et fonctionnaires blessés en service ne cesse d’augmenter au fil des années et des mois, sans que les réponses pénales se traduisent, en réaction, par des sanctions adaptées. Oui, des réformes matérielles d’envergure sont devenues indispensables. Mais une politique pénale à la hauteur de la situation sécuritaire dramatique que connaît notre pays l’est tout autant. 

Olivier Damien

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #Sondage

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