Calais: des milliers de migrants s'apprêtent à rejoindre les régions

Publié le 24 Octobre 2016

L'évacuation de la « jungle » a commencé lundi matin. Une opération de grande ampleur qui a débuté dimanche par des tournées d'informations des habitants du bidonville.

«Lundi, c'est un grand jour pour moi!» Assis, tout sourire, devant sa tente, Adam, un Soudanais de 21 ans, se «fait beau» pour quitter, ce lundi, la «jungle» de Calais.

Dès vendredi, l'arrêté d'expulsion de la préfecture avait été placardé en plusieurs points stratégiques du camp. Dimanche, les maraudes se sont intensifiées, des fonctionnaires et des membres d'associations se chargeant d'expliquer aux étrangers les modalités du départ. Malgré tout cela, certains persistaient à imaginer «un énième coup de bluff du gouvernement», et regardaient d'un œil incrédule cette grande page imprimée par la préfecture du Pas-de-Calais que l'on venait de leur distribuer: «Chaque personne vivant sur la lande est invitée à quitter ce lieu pour être accueillie dans un des CAO implantés sur l'ensemble du territoire français, est-il indiqué dans plusieurs langues. En rejoignant un CAO, vous aurez la garantie d'être hébergé et nourri dans des conditions dignes et adaptées à votre situation familiale.» L'association L'Auberge des migrants a elle aussi participé à cette campagne d'information. «On a accéléré la distribution de sacs, et ralenti celles de chaussures, raconte François Guennoc, son vice-président. On leur fournit aussi des mails et des numéros de téléphone en cas de pépin.»

Reste que ce grand départ, qualifié de «résolument humanitaire» par le ministère de l'Intérieur, s'organise dans une grande confusion. On sent «un climat de tension», admet une jeune bénévole. «Ils sont anxieux», constate Adelaïde, de l'association Salam. «J'ai le sentiment qu'on va les parquer un peu partout en France, que des personnes de même nationalité qui vivent depuis des mois ensemble vont être séparées… Le risque, c'est de se retrouver avec des squats en centre-ville.»

Même crainte chez François Guennoc: «Des migrants vont certainement partir pour revenir, assure-t-il. On peut penser que les passeurs vont chercher des endroits où les cacher. Certains ayant déjà payé leurs passeurs, ils ne vont pas laisser leur argent comme ça!»

Pendant ce temps, dans 84 départements de France, on se prépare à l'arrivée de ces milliers de migrants dans les CAO prévus à cet effet. Une opération qui ne manque pas de susciter des inquiétudes. Certaines villes ont protesté contre le plan de répartition du gouvernement, tandis que des membres de l'opposition de droite évoquent le spectre de la multiplication de «mini-Calais».

Dans le Vaucluse, une centaine de manifestants du FN, emmenés par Marion Maréchal-Le Pen, ont défilé à La Tour-d'Aigues, dimanche, contre l'accueil de réfugiés. 

lefigaro.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Immigration

Commenter cet article