Charleville: Justice impuissante, police dépassée, un procès révélateur

Publié le 28 Octobre 2016

Le procès d’un exhibitionniste multirécidiviste qui s’est tenu jeudi, met en exergue en une seule affaire tous les maux qui agitent actuellement le pays.

 

Des mains courantes qui ne débouchent sur aucune enquête, un policier qui est obligé d’utiliser son téléphone portable personnel et la justice qui ne peut apporter qu’une réponse mécanique… Jeudi, le procès de Dominique Neveu, exhibitionniste notoire, ressemblait plus à un inventaire des problèmes que rencontre le grand monde de la sécurité publique qu’à un vrai procès, personnalisé.

« Deux ans de prison, et après ? »

L’histoire judiciaire de Dominique Neveu n’est pas nouvelle. Depuis 1982 il a été condamné 24 fois et a passé 20 ans en prison. Alors, quand jeudi, il se présente à la barre pour une énième série d’exhibitions survenues cet été au Mont-Olympe, l’affaire est vite jugée. D’autant plus vite que le prévenu reconnaît les faits. Avec un tel casier et des rapports d’expertises inquiétants, le procureur ne peut demander que la peine maximale : 2 ans de prison. Une peine que l’avocate de Dominique Neveu ne cherche pas à réduire tant elle sait qu’il ne peut en être autrement. L’avocate cherchera à faire entendre que plus que l’emprisonnement, son client a besoin de soins. «  Il ne pourra se sortir seul de sa maladie  ». C’est là que le système judiciaire atteint ses limites puisque le tribunal a condamné Dominique Neveu à 2 ans de prison sans soin. Parce que le condamné est déjà suivi depuis une précédente condamnation et ce jusqu’en 2026 ! Force est de constater que ce suivi est, jusqu’alors, un échec.

Ce n’est pas le seul « symptôme » dans ce dossier. Entre août et octobre dernier, quatre femmes se sont plaintes d’exhibitionnisme au Mont-Olympe. Toujours selon le même mode opératoire. Ces faits sont restés à l’état de mains courantes, aucune enquête n’a été ouverte. On le comprend, la police a mieux à faire en cette période d’état d’urgence. C’est donc lorsqu’une cinquième victime appelle la police pendant la commission des faits que cette dernière arrête Dominique Neveu et fait, ensuite, le lien avec les mains courantes.

lunion.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Faits-divers

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