CHÔMAGE: UNE BAISSE MAGIQUE TOMBÉE DU CIEL !

Publié le 27 Octobre 2016

Moins de chômeurs ! Vraiment ?

C’est stupéfiant ! aurait dit mon copain Fernand. Historique ! disent les gazettiers. Spectaculaire ! clament les experts économiques. Bref, rendez-vous compte, après avoir augmenté de plus de 50 000 le mois précédent, voilà que le nombre de chômeurs a diminué de 66 000 en septembre, soit une baisse du taux de chômage de 1,9 %, ce qui ne s’était pas produit depuis quinze ans. A tel point que les membres du radeau de la Méduse (le gouvernement) n’osent pas trop sombrer dans le triomphalisme. Excepté Pépère qui s’est jeté sur la statistique comme un rat mort-de-faim sur un morceau de gruyère frais, en expédiant un tweet illico depuis l’Elysée (il n’a que ça à foutre !). Le gouvernement en tire donc une satisfaction tardive mais intense. Pourtant, il est à peu près certain que cette bonne nouvelle ne suffise pas à sauver la majorité.

Un bon chiffre est toujours préférable à un mauvais.

Mais le tableau de l’emploi en France reste décourageant. Depuis 2012, la politique de la gauche a détruit plus d’un demi-million d’emplois. Prenez le temps de regarder les courbes du chômage et vous vous apercevrez que la baisse du chômage constatée en cette fin de mois est imperceptible. Rappelons qu’il y avait 4 627 300 chômeurs en 2012 ;  il y en a aujourd’hui 5 781 300 ! Plus d’un million supplémentaire ! Si techniquement, tout le monde est d’accord pour dire que, depuis le début de l’année, la tendance est à la diminution du chômage, en réalité, sur un an, le nombre de chômeurs toutes catégories n’a pas baissé, il a augmenté de 1%. Pas de quoi pavoiser !

Alors peut-on parler de baisse ?

Seulement si on regarde sur un mois. Et encore, uniquement sur les chômeurs de toutes les catégories. Et ce maigre résultat malgré les 500 000 « formations » et autres artifices. Le chômage a un peu glissé sur un mois mais on ne peut pas parler de vraie baisse, pas encore. Evidemment, notre hypo –président-hyper-présent-aux-inaugurations-et-célébrations va se saisir du chiffre pour constater enfin la fameuse inversion de la courbe du chômage, annoncée pour 2013, puis 2014, puis 2015… Même si c’était le cas, elle arriverait bien tard. Car personne n’est dupe que cette baisse résulte en grande partie de la mise en place de contrats aidés qui coûtent cher et ne créent pas d’emplois définitifs ni même durables. On pourrait même ajouter, si on était perfide,  que sur le plan de la gestion économique, ce « brillant » résultat de septembre peut même paraître très insuffisant au regard de ce qu’il est convenu d’appeler « l’alignement des planètes », c’est-à-dire, l’addition de facteurs favorables, baisse de l’euro, prix bas de l’énergie, taux d’intérêt à zéro. Et rappelons encore que les États-Unis et la Grande Bretagne sont à 5%, et l’Allemagne à 6%. Nous sommes à plus de 10%. C’est pourquoi nos voisins allemands ou anglais doivent observer avec étonnement une telle satisfaction alors que nous continuons à avoir un taux de chômage dramatiquement élevé.

Mais la magie peut servir.

Même si c’est de la magie un peu ratée à la Garcimore, parions que le locataire de l’Elysée va  se servir de ces 66 000 demandeurs d’emplois en moins pour l’encourager dans l’idée qu’il doit se présenter, alors que, parmi ses proches, beaucoup pensent déjà qu’il devrait abandonner la partie et tenter de désigner un candidat de la gauche, Manolito par exemple, susceptible de rassembler un PS en perdition. Car  tous les sondages montrent que sa cote continue à baisser et que, même s’il passait le relais à son Premier Ministre, celui-ci ne serait pas en mesure de franchir le cap du premier tour à l’élection présidentielle de l’an prochain. En admettant l’hypothèse d’une diminution régulière du taux de chômage dans les mois qui viennent, ce qui n’est pas avéré puisque l’Insee prévoit une remontée en 2017, elle ne permettrait pas de toute façon, à notre « bavard de président», de faire une remontée si prodigieuse qu’il irait au second tour. Mais gageons qu’il passera outre. Il y a donc de fortes chances qu’il aille à l’’humiliation de la primaire de la gauche et qu’il y laisse sa dépouille présidentielle, d’ailleurs trop grande pour lui.

Daniel HOULLE

calepindh.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Emplois

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