François Hollande laisse un champ de ruines

Publié le 1 Octobre 2016

François Hollande laisse un champ de ruines

On se demande bien quelle bonne fée ou plutôt quel mauvais génie pourrait œuvrer pour transformer le bilan catastrophique du quinquennat de Hollande en oeuvre immémoriale salvatrice du destin de la France. C’est ce à quoi va servir la « cellule riposte » mise en place par l’Elysée avec comme principaux magiciens une brochette de fidèles inconditionnels menés par la « Pimperonnelle » (Najat) dite « l’aveuglée du sérail » et le grand « Eh Oh » dit aussi Le Foll (à lier). Ils n’ont pas leur pareil pour vous transformer une réalité bien tristounette en monde merveilleux. Mais ils ne sont pas seuls. Marisol, celle qui a bouché (virtuellement) le trou de la sécu, présente son mentor de président comme un « homme exceptionnel ». Bref l’ensemble du chœur nous chante, comme dans une tragédie grecque, que le quinquennat fut formidable et qu’il faut en être fier. Le summum de la mystification est atteint par Sapin-les-bas-roses avec la présentation du budget 2017 qui va être discuté au Parlement : un chef d’œuvre de trucage, manipulation, bidouillage et camouflage.

La magie de Garcimore.

La loi de finances pour 2017 est tout sauf sincère. C’est un chef d’œuvre d’inconséquence tant les ficelles sont voyantes. Il est bâti sur une hypothèse de croissance de 1,5% complètement bidon, puisque le consensus l’estime à 1,2 ou 1,3. L’économie française reste bridée par les séquelles du choc fiscal qui a coûté 0,8 point d’activité par an depuis 2012. Le contexte lui-même, contient suffisamment d’éléments négatifs comme une conjoncture moins favorable (remontée du prix du pétrole et des taux d’intérêt), le contrecoup des attentats (tourisme -10%), les conséquences du Brexit qui sera déclenché en janvier 2017… Tout cela aurait dû être pris en compte dans les prévisions. Il n’en est rien.

Alors on fait semblant d’alléger la facture pour les ménages et de continuer à baisser les impôts. Ce qui n’est pas vrai puisque les prélèvements obligatoires restent bloqués à 44,5% du PIB et les recettes publiques ont augmenté de 4 points depuis 2012 et les impôts locaux de 10%. Il s’en suit des manipulations comptables. Ainsi les dépenses supplémentaires pour les fonctionnaires, les enseignants et les jeunes sont comptées pour 4 milliards d’euros alors que leur coût est de 10 à 13 milliards en année pleine. L’objectif de progression des dépenses de santé est porté à 2,1% en parfaite contradiction avec l’élimination du déficit de l’Assurance-maladie (les 4 milliards d’économie de « l’efficience des hôpitaux » sont virtuels). Parmi les nombreux trucages on relève les 5 milliards de baisses des charges du CICE reportés sur 2018 et l’encaissement prématuré avant la fin de l’année 2017 de taxes sur les entreprises pour environ 400 millions d’euros. Le déficit de 70 milliards d’euros se trouve artificiellement minoré et permet de le présenter à 2,7% pour Bruxelles (sous les 3%) alors que son niveau réel est de 3,7% ! Et notre Garcimore a le culot en plus d’affirmer que l’effort de redressement en France a été plus important qu’en Allemagne, une évidence quand on regarde les chiffres : Allemagne en excédent de 1,2% et dette publique réduite à 71% du PIB, France, déficit de 3,7% et dette publique à 97,5% du PIB ! Cherchez l’erreur !

Hollande laisse un champ de ruines.

Ce budget clôt un quinquennat marqué par le déni, l’incapacité à mener les réformes et l’irresponsabilité. Le budget 2017 acte l’échec radical de la politique menée depuis 2012. La dépense publique est à 57% du PIB, et s’accompagne d’une dette de 2100 milliards d’euros, d’impôts insupportables et du chômage de masse. La balance du commerce extérieur reste lourdement négative (autour de 45 milliards), la balance des paiements aussi, les collectivités territoriales sont exsangues et la réforme contribue à augmenter leurs dépenses au lieu de les baisser, l’éducation nationale, malgré l’embauche de 60 000 enseignants supplémentaires continue de reculer et la réforme des rythmes scolaires continue de coûter sans qu’on en voie le bénéfice. La France reste le plus mauvais élève de l’Union européenne et tous ses indicateurs sont au-dessus de la moyenne de l’Union. Elle continue de détruire son tissu industriel, elle perd des parts de marché par manque de compétitivité de ses entreprises… mais tout va très bien ! Malgré des conditions extrêmement favorables (euro, taux, énergie), et l’absence de crise majeure, elle a continué de reculer.

Jamais notre pays n’a été autant en position de faiblesse et jamais, les risques liés à la dérive de ses dépenses publiques n’ont été aussi élevés. Risque de stagnation économique car, on le voit bien, la dépense publique anesthésie la production, l’investissement et l’emploi. Risque financier, car la remontée des taux pointe le bout de son nez et est inéluctable. Risque politique, car la déstabilisation des classes moyennes par la fiscalité confiscatoire favorise le populisme. Et même risque européen puisqu’une nouvelle crise de l’euro n’est pas à écarter, dont la France, par le boulet qu’elle représente pourrait être, avec le Brexit, l’un des principaux facteurs de déclenchement.

Voilà un horizon bien sombre pour ceux qui s’apprêtent à prendre le relais en 2017. Car c’est bien d’une citrouille dont ils vont hériter et pas d’un carrosse ! La restauration de la compétitivité et le retour à l’équilibre des finances publiques sont absolument indispensables. Espérons que l’environnement international n’ajoutera pas à la difficulté de l’exercice !

Daniel HOULLE

calepindh.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Hollande

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