François Hollande, mensonges, combines et manipulations

Publié le 8 Octobre 2016

François Hollande, mensonges, combines et manipulations

Mensonges, combines et manipulations… S’il n’est toujours pas offi ciellement candidat, François Hollande, qui n’a pas renoncé à se représenter, se démultiplie, convaincu jusqu’à l’absurde de sa bonne étoile tandis que sa majorité se décompose. Récit.

A droite, certains font grise mine. Non qu’ils doutent que François Hollande soit promis à une défaite certaine. Mais ils se désespèrent des manoeuvres du chef de l’État pour se choisir un adversaire et le mettre en scène. François Fillon est de ceux-là. L’ancien Premier ministre, en privé, ne masque pas une pointe de dépit quand la situation ne l’exaspère pas plus franchement. « C’est monstrueux. Il se montre avec Sarkozy, l’emmène en Israël aux obsèques de Shimon Peres, le place au premier rang dans les cérémonies officielles, et on se retrouve au sixième rang avec Fabius et Juppé. » Comme relégués en deuxième division.

François Hollande peut bien confier au JDD que « rien n’est décidé », nul ne doute vraiment qu’il sera bien candidat tant que subsiste chez lui un espoir de pouvoir l’emporter. Et qu’il l’est déjà depuis de longs mois, profitant de tous les avantages que lui offre son statut de président de la République pour mener campagne à sa guise. Comment en douter, quand, fidèle à ses manières d’ancien premier secrétaire du PS, il tente de se rabibocher avec tous, donnant des gages à sa gauche, sans jamais désespérer son aile réformiste ? Il est d’autant plus à son aise dans l’exercice que Manuels Valls « a fait le choix de la loyauté pour ne pas faire celui de la trahison », comme le confesse un proche du Premier ministre. Alors, le chef de l’État s’en donne à coeur joie.

La semaine dernière, il entreprenait de mettre en scène sa réconciliation avec Christiane Taubira de manière si obscène qu’on ne savait plus si la cérémonie qu’il présidait pour rendre hommage aux mineurs grévistes de 1948 n’avait pas été imaginée pour réhabiliter son ancienne garde des Sceaux, dont François Hollande ne connaît que trop le poids politique pour songer à la laisser entièrement libre de dire du mal de lui. Dimanche encore, à Médan, lui qui préfère à la littérature les dépêches de l’AFP, mettait, à l’invitation de Pierre Bergé, ses pas dans ceux de Zola, pour mieux revêtir la redingote d’un président protecteur qui ne cédera jamais aux mensonges d’une droite extrême. Lundi, François Hollande élevait au grade de commandeur de la Légion d’honneur l’historien Jacques Julliard, comme oublieux que l’essayiste est devenu ces dernières années l’un des meilleurs pourfendeurs de cette gauche terra-novienne que le président a installée au coeur du pouvoir. Sitôt achevée cette cérémonie, François Hollande filait au Kremlin-Bicêtre pour inaugurer une grande école numérique.

Le président court, se démultiplie, expérimente, sème à tous vents, sans certitude mais sans céder au découragement. « Il règne sur le chaos », confesse l’un de ceux qui assistent aux premières loges aux manoeuvres de François Hollande, pour « organiser le désordre ». Beaucoup de ses proches le poussent à accélérer son calendrier. À précipiter l’annonce de sa candidature sans attendre le mois de décembre. Le président fait le pari inverse. « Il est dans une stratégie d’attente. Il attend que la droite désigne son candidat. Il attend le pourrissement et le rejet par l’opinion de celui qui sera désigné par la droite. Il pense pouvoir être réélu face à un candidat devenu plus impopulaire que lui », analyse un hollandiste du premier cercle.

« C’est méconnaître le président, jure un habitué du pouvoir, que de le penser abattu, désespéré ou aux abois. » Le chômage repart à la hausse, repoussant d’autant la promesse de François Hollande d’inverser sa courbe… Les sondages qui se succèdent sont chaque jour qui passe plus terribles pour le chef de l’État. « Tout merde normalement », s’amuserait presque ce compagnon de route de François Hollande, qui croit pouvoir décrypter la psychologie d’un président qui ne laisse jamais rien paraître et sur qui les mauvaises nouvelles glissent comme sur les plumes d’un canard. « Il dévisserait à 5 % qu’il y croirait encore, alors imaginez dans quel état d’esprit il est alors que les plus mauvais sondages le donnent à 15 % », glisse cet habitué du Château. Dans la légende que François Hollande aime à raconter de son élection, il évoque toujours « les 1 % » qu’il pesait en 2010, « dans une forme d’amélioration par le bas de sa performance », quand personne dans les couloirs de la Rue de Solférino ne pariait sur lui et n’envisageait sa victoire, confie encore notre interlocuteur. « Tout ce qui lui permet d’atteindre décembre sans trop d’encombres lui est, pense-t-il, profitable », analyse cet autre. François Hollande est « un joueur de Loto », selon la formule de Julien Dray. Il a coché miraculeusement une fois dans sa vie les cinq bons numéros et celui qui semble avoir été « élu du hasard et de la nécessité » continue de croire en sa chance.

Ambiance crépusculaire au palais Certes, François Hollande désarçonne. À commencer par sa majorité et son plus proche entourage. À l’Assemblée nationale, il suffit d’observer le visage de ceux qui, parmi les socialistes, daignent encore prendre part au débat, pour comprendre qu’ils n’y croient plus. Beaucoup de députés confient même déserter Paris pour tenter de sauver leur circonscription. Certains, prenant les devants, suivent déjà des formations en vue de leur prochaine reconversion. Au palais présidentiel, l’ambiance est crépusculaire. Vincent Feltesse, chargé des relations avec les députés de la majorité, est « aux abonnés absents » et ne répond plus, se plaignent nombre de parlementaires. Les départs se succèdent parmi les conseillers du président, signe avant-coureur que beaucoup dans les couloirs de l’Élysée ne miseraient pas leur chemise sur la réélection du chef de l’État (lire notre encadré). Le problème, c’est que ces départs ne sont plus compensés par des arrivées.

« Il ne reste plus que des profils de conseillers technos quand il faudrait de vrais politiques », s’agace un ministre. Il n’est pas jusqu’à certains visiteurs du soir du président pour avouer maintenant qu’ils n’ont « jamais été inféodés » au président et qu’ils pourraient reprendre leur liberté.

Il va finir par « se débrancher de lui-même » Un vent de panique — « de psychose collective », ose ce député hollandiste — souffle à gauche, qui contraste étrangement avec la sérénité du président. Stéphane Le Foll, avec la complicité de Sébastien Denaja, Frédérique Espagnac et d’Eduardo Rihan Cypel, tous parlementaires, tente bien de mettre en place des cellules ripostes pour donner la réplique à la droite et défendre dans les médias le bilan du président. Mais ceux qui y participent admettent qu’ils sont « en roue libre, sans direction claire ». « On se disperse et puis on verra bien ce qui marche et ce qui ne marche pas », répond François Hollande à ceux qui l’interrogent sur sa stratégie. Et si les socialistes ont convenu dimanche, au conseil national du PS, qu’ils n’avaient rien à gagner à ce que la primaire de la gauche vire à la foire d’empoigne, beaucoup doutent qu’ils puissent éviter les règlements de comptes.

Dans l’entourage d’Arnaud Montebourg, on fait le pari que François Hollande va finir par « se débrancher de lui-même ». « Le divorce, explique ce conseiller de l’ancien ministre de l’Économie, est prononcé depuis longtemps », avec l’air de dire que les grandes manoeuvres du président, aussi subtiles qu’elles puissent être, seront impuissantes à combler le fossé qui s’est créé entre le pouvoir et le peuple de gauche. « Le pari de François Hollande est intenable, jure, avec délectation, un proche de Montebourg. Il a trois obstacles devant lui : Arnaud à la primaire, Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle, et Alain Juppé pour passer le second. C’est mission impossible. »

valeursactuelles.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Hollande

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Vent d'Est, Vent d'Ouest 08/10/2016 20:30

Mensonges, combines, manipulations et tutti quanti : hélas quelque 15 à 18 % de crétins y participent encore activement, si j'en crois les récents sondages. On n'est pas sorti de l'auberge, car ces dangereux naïfs vont voter à droite comme des moutons lors des présidentielles à la demande de leur chef "spirituel".

Charles 09/10/2016 18:23

ah ... oui ... j'ai oublié une joyeuseté: éventrations .... je me disais aussi .. il en manque une :-)

Charles 09/10/2016 18:20

et oui ....on est vraiment mal barré....encore quelques dizaines d'attentats, égorgements, décapitations, éviscérations ... etc etc ....et peut-être que celà ébranlera le "système" ... qui sait ...