Gendarme, lève-toi !

Publié le 21 Octobre 2016

Il fallait s’y attendre ! Depuis le temps que l’exécutif ne porte plus aucune considération aux forces de police, la grogne latente, retenue durant des années, voit aujourd’hui le jour.

Il aura quand même fallu quatre blessés, dont deux graves, pour que les dangers dans l’emploi soient sérieusement abordés. Pourtant les exemples d’agressions tant physiques que verbales sont pléthore.
Pour reprendre les faits récents du 8 octobre dernier, à Viry-Châtillon, les fonctionnaires de police ont subi une attaque en règle, programmée et préméditée (un cocktail Molotov ne se prépare pas en 15 secondes sur le bord d’un trottoir).

Leur mission était de surveiller… une caméra de surveillance ! Je pense que vous avez compris le comique de la situation. Coluche n’aurait pas trouvé mieux !
En effet, les matériels sont vieillissants, difficilement renouvelés, et ne sont plus adaptés aux missions dévolues. Suite aux actes du 8 octobre nous avons tous entendus les diverses réactions de nos élus. Hormis la promesse (!) de débloquer un budget pour améliorer la sécurité, rien d’autre n’a été proposé. Ah, si ! Les digressions complétement déplacées et hors contexte sur l’utilisation du mot « sauvageon ». Il est certain que là on avance ! Les chamailleries politiques sont une constante.

Il est absolument indispensable d’engager fermement et sans faiblesse le « combat » contre les bandes organisées se repliant systématiquement dans les cités, ces zones de non-droit : ces lieux d’impunité pour les criminels et délinquants. Jamais aucune volonté de nos dirigeants n’a été perçue afin de résoudre le problème. Les diverses modifications apportées à la réponse pénale en la matière, notamment par deux de nos derniers gardes des Sceaux (R. DATI et C. TAUBIRA), n’ont fait que conforter le sentiment d’impunité.

Les rassemblements des fonctionnaires de police de ces derniers jours l’ont été hors syndicats. Ceux-ci devraient d’ailleurs se poser la question de leur réelle représentativité et de leur utilité. Il faut souligner que ces attroupements n’ont fait l’objet d’aucune violence, d’aucune dégradation, d’aucune invective envers qui que ce soit.

La réponse de la hiérarchie, en la personne de Jean-Marc FALCONE, D.G.P.N., a été de saisir l’I.G.P.N. et de promettre des sanctions !  Certains mêmes n’ont pas hésité à prononcer les mots « hors la Loi » suite aux rassemblements de ces derniers jours. On croit rêver ! De quoi rassurer les personnels et apaiser la situation !

Non, B. CAZENEUVE, ministre de l’intérieur ne comprend toujours rien à la problématique des forces de police.

Non, E. VALLS, Premier ministre, hormis des phrases bateau de soutien, n’apporte aucune solution.

Oui, J-J. URVOAS, garde des Sceaux est totalement absent.

Oui, F. HOLLANDE, Président de la République, est muet comme à son habitude.

Pendant ce temps, policiers, gendarmes, pompiers, douaniers, surveillants de l’administration pénitentiaire continuent à subir les violences, pour certains jusqu’à l’égorgement (on les a vite oublié ceux-là !).

Gendarme, lève-toi ! Dans le contexte actuel des violences que vous subissez, devant le manque de moyens mis à votre disposition pour assurer correctement vos missions, pour un minimum de sécurité, vous devez faire entendre votre voix. Les structures de concertation actuellement mises en place par l’institution ne sont pas adaptées et, de plus, contrôlées par la hiérarchie. Il est également temps de montrer votre soutien aux camarades de la police nationale. Il est temps de vous tourner vers les A.P.N.M.

Et pourtant il suffirait de peu pour rassurer l’ensemble des forces de police. Une réponse pénale adaptée, des matériels efficients, un budget en adéquation avec les besoins, l’éradication des fauteurs de troubles par la suppression des zones de non droit, cela mettrait en confiance tout le monde (population comprise).

 

B. BERTHELOT
Secrétaire de l’ A.P.G.

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Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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