Goldnadel : « quand la gauche morale agonise »

Publié le 12 Octobre 2016

Goldnadel : « quand la gauche morale agonise »

Pauvre gauche, elle qui donnait le tempo, ses maîtres penseurs que les journalistes dactylos prenaient en sténo, n’a plus comme seul bien pour faire encore du mal , une paire de ciseaux.

N’arrivant plus à anesthésier l’opinion, définitivement sortie de son coma multiculturel artificiellement provoqué, elle ne compte plus que sur Anastasia pour faire taire ceux qui l’auront démasquée.

Ayant échoué économiquement à livrer l’ascenseur, il ne lui reste plus qu’à maintenir en place le censeur social.

Pas un jour qui ne passe, sans que le fer des ciseaux ne cisaille l’oreille.

Chaque jour, un folliculaire armé d’un sécateur se demande comment bien il se fait que la fachosphère puisse tenir Twitter.

Il ne peut arriver à l’esprit du tondeur la question de savoir pourquoi l’idéologie de gauche autrefois imposée à coups de marteau apparaît aujourd’hui comme un fossile.

Vendredi matin, dans le bunker de France Inter, à l’abri de toute critique comme de tout questionnement, on se plaisait à ironiser sur la « fête de Valeurs Actuelles » célébrant ses 50 ans et où la droite et sa droite osaient désormais sabler le champagne sans raser les murs. L’invité de la matinale, Raphaël Glucksmann, se plaignait de ce que désormais, les penseurs de droite tenaient le haut de ce pavé qu’autrefois lançaient son père et ses amis sur la gueule des flics.

Ce jeune homme, au demeurant charmant, alla même jusqu’à morigéner « le silence de la gauche » !

C’est vrai quoi, la gauche est médiatiquement bâillonnée. Elle n’a plus que l’ensemble du service public de l’audiovisuel radiophonique et télévisé à sa dévotion. Plus évidemment quelques quotidiens du soir ou du matin. Sans compter des hebdomadaires très observateurs et le monde artistique à l’anticonformisme conforme et obligatoire.

Mais la gauche est ainsi, elle est comme un souteneur sentimental, qu’un seul intellectuel lui manque et tout est dépeuplé.

Quant à l’animateur principal de la radio active, Patrick Cohen, il fallait le voir chapitrer sur la Cinq la trop professionnelle Karine Lemarchand, coupable d’avoir interviewé, intimement et parmi d’autres, Marine Le Pen.

Mais c’est avec le sort réservé par les medias à Éric Zemmour que l’on entend le mieux le cri strident d’Anastasia.

Le même Patrick Cohen confiait récemment qu’il n’était pas question de l’inviter sur sa radio d’État, pourtant bien commun à tous les contributeurs à la même redevance.

Qu’Ali Badou ait pu récemment convier sur la même antenne son quasi homonyme Alain Badiou, philosophe radical d’extrême gauche, ne reniant en rien son passé maoïste et stalinien, n’a effleuré en rien M. Cohen, sur un éventuel risque d’hémiplégie intellectuelle.

Quant à Libération, rebelle à tout sauf à la police de la pensée, l’un de ses journalistes s’interrogeait à propos d’Éric Z : « faut-il continuer à lui donner la parole ? », et poussant l’investigation à l’extrême, notre Rouletabille de clown alla même jusqu’à questionner ses employeurs pour connaître leurs intentions. Un esprit chagrin aurait pu y voir une manière de pression.

Et on critiquera ensuite le corporatisme des journalistes.

Évidemment, les dernières déclarations controversées de l’intéressé sur le respect que lui inspire le courage propitiatoire des djihadistes font à nouveau entendre le bruit des ciseaux mais encore celui des chaînes, au moins virtuelles, du cachot.

le sacrifice suprême du terroriste islamiste, je vomis son geste et crache sur sa mémoire

À ce stade, il nous faut, nous aussi, prendre parti.

Car c’est une chose de dénoncer la censure, la sotte indignation, l’esprit de meute, le moralisme à géométrie variable. C’en est une autre que de ne pas avoir le courage de dire à quelqu’un que l’on estime son profond désaccord.

Non. Je n’éprouve pour le sacrifice suprême du terroriste islamiste aucune manière de respect. Je vomis son geste et crache sur sa mémoire. Le don de sa vie à sa cause ne m’inspire aucune admiration dès lors qu’il a ôté cette vie prématurément à des hommes, des femmes et des enfants, sans leur consentement.

Et de grâce, que l’on nous épargne les pauvretés habituelles sur la résistance française que l’on nommait également « terroriste ».

Les hommes de Moulin et d’Estienne d’Orves ciblaient des soldats et non, délibérément et avec gourmandise, des civils désarmés.

Je comprends la rage de Zemmour à la vue d’une partie de cette jeunesse occidentale qui pérore la nuit debout et jacasse le jour assise autour du sort des migrants plutôt que de former, au risque de sa vie, des brigades internationales pour aller combattre l’infamie avec les kurdes et les yazidis. Mais cela n’impose aucune sorte de piété envers les sans pitié.

Ayant écrit ce qui précède d’une main ferme, je puis à présent la tendre à un homme, une nouvelle fois jeté aux chiens de garde.

Avec une rare célérité, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire aux fins de savoir, si par hasard, l’intéressé n’aurait pas commis le délit d’apologie du terrorisme.

J’ai connu ce parquet moins véloce lorsque je l’ai saisi, par exemple, de la vente en grande surface de livres salafistes invitant à l’assassinat des apostats, des juifs, des chrétiens et des mécréants.

Quoi qu’il en soit, on peut trouver Hitler intelligent sans être nazi.

J’ai du mal à suivre l’étrange logique de ceux qui veulent faire de Zemmour le suppôt des djihadistes tout en incriminant quotidiennement son islamophobie.

Je trouve aussi cocasse d’entendre aujourd’hui croasser ceux de ses contempteurs les plus féroces qui, depuis 30 ans, trouvent toutes les excuses aux terroristes qui vont se faire sauter au milieu d’une pizzeria de Tel-Aviv où d’une synagogue de Jérusalem.

Quand ils ne les encouragent pas, comme ses maires des municipalités communistes qui ont fait citoyens d’honneur des terroristes patentés.

La gauche morale agonise. Elle a le souffle court. Mais le corps bouge encore. Il serre dedans sa main une paire de ciseaux. Qui peuvent encore couper.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation de Valeurs actuelles.

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #Gauche

Commenter cet article