Juppé n’aime pas la France « recroquevillée », « craintive »… Mais elle existe !

Publié le 20 Octobre 2016

Alain Juppé, ancien ministre du Budget (1986-1988), puis ministre des Affaires étrangères (1993-1995), puis Premier ministre (1995-1997), puis ministre d’État en 2007 (Écologie), 2010 (Défense) et 2012 (Affaires étrangères), condamné en 2004 à 14 mois avec sursis et à un an d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt dans une affaire d’emplois fictifs, serait un potentiel futur Président, et censé incarner (ne pas rire, ne pas pleurer non plus) un renouveau politique, celui ayant entendu – promis juré mordicus et rubis sur l’ongle – l’avertissement populiste des dernières régionales.

Les années d’extrême modération et d’extrême centrisme qui semblent se profiler sauront-elles venir à bout d’un chômage dont Juppé, ainsi que les diverses équipes dirigeantes qu’il fréquenta, prouvèrent leur impuissance à endiguer l’inexorable montée ? Comme d’habitude, nous allons voir ce que nous allons voir, promet celui qui ne se résoudra « jamais à une France recroquevillée, craintive, à la traîne » […] et qui se propose de« redonner à nos compatriotes le goût du monde » […] en réponse« aux prophètes du déclin, aux chantres du repli, aux Cassandre de la pseudo-guerre des civilisations » en leur opposant « la capacité du lien et du dialogue » […] et en promouvant « la règle du droit dans les relations internationales au lieu du rapport de force » (Le Figaro, 18 octobre).

Et s’il commençait par imposer la règle de droit dans les rapports entre nationaux ? Est-il sûr que tant de Français seraient accablés par un manque de « goût du monde » ? Et si c’était, au contraire, un trop-plein de « dégoût du monde… politique », dont il incarne l’aveuglement avec brio ?

« Guerre des civilisations, quelle guerre des civilisations ? » dit-il entre deux postes ministériels, un job de maire et un crochet par Bilderberg ou Davos. « Capacité du lien et du dialogue », poursuit-il. Quelle « capacité » ? Celle de cet instituteur d’Argenteuil qui, venant tout juste de recadrer une élève turbulente sur le chemin de retour d’un cours d’éducation physique, fut tabassé par deux racailles de passage, devant les élèves tétanisés ? « Tu lui parles pas comme ça, raciste ! » lui intima la paire, avant de le balancer au sol et de lui décocher une droite.

« Mais je suis leur maître ! » tenta bien l’enseignant. « Et moi je suis une racaille », lâcha l’un d’eux, avant d’ajouter : « Il n’y a qu’un seul maître, c’est Allah » (Le Parisien, 18 octobre).

Monsieur Juppé, vous l’avez là, sous votre nez bouché de suffisance, la France « recroquevillée » et « craintive », au sens propre et (dé)figuré du terme. Elle gît sur un trottoir, du côté d’Argenteuil, là où l’ont envoyée deux purs fruits de ce multiculturalisme au « goût de monde » qui vous semble cher. Nous ignorons si vous êtes un véritable homme de terrain, mais gageons que vous ne vous fîtes jamais tabasser par une paire de racailles : vous comprendriez qu’en la circonstance, il est normal – noble, même – d’être « craintif » et « recroquevillé ». Vous comprendriez également que le logiciel à mettre à jour est celui du tabasseur, non du tabassé.

Silvio Molenaar
Nouvelliste.

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #Juppé

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David 20/10/2016 13:53

Surtout pas juppé président.!!!!c est le même que Hollande en plus vieux!!!un mou contre un autre mou c est pas la peine .on a qu a garder l original.