L’identité française sur France 5 est bien malheureuse

Publié le 7 Octobre 2016

L’identité française sur France 5 est bien malheureuse

Dimanche 2 octobre, l’émission « C Polémique », surFrance 5, a vu s’affronter Clémentine Autain, Benjamin Stora, Michel Onfray et Henri Guaino autour de l’identité.

Les « récents » Gaulois, mal digérés, ont ainsi donné lieu à des joutes verbales qui dessinaient nettement deux camps : celui d’une identité française construite au fil des siècles, et l’autre, désireux d’en finir avec le passé pour ouvrir la voie à une nation désincarnée.

D’emblée, le présentateur Bruce Toussaint a annoncé sa couleur idéologique en bon petit soldat du service public : « Le débat public doit-il être vampirisé par ce thème ? […] Faut-il continuer à en parler, quitte à agiter des peurs, à stigmatiser des communautés, à libérer la parole raciste, quitte à tous devenir gaulois ? »

Selon Benjamin Stora, la France, c’est la patrie des droits de l’homme, mais des droits visiblement tempérés par une nécessaire culpabilité, particulièrement du côté de l’Algérie – son cheval de bataille –, en ce qui le concerne ! Dans ce sens, il défend « une histoire de France adaptée à des désirs, à des inconscients ou à des consciences différentes ».

Dit plus prosaïquement, l’autochtone doit se soumettre aux us et coutumes venus d’ailleurs, en observant une grande discrétion avec les siennes !

Henri Guaino, charnellement attaché à son pays et ses racines chrétiennes, ose quant à lui avancer ceci : « À ceux qui arrivent, nous offrons en partage quelque chose que nous avons en commun, qui s’appelle l’identité française. »

Pour la dogmatique Clémentine Autain, c’en est trop : « Ça crée nécessairement de la différence. On pose une identité en opposition à l’autre. » Donc, soyons Pénélope et détricotons notre histoire dans l’attente d’un Ulysse islamique, puisque cet autre – qui brandit son identité comme un étendard conquérant –, c’est surtout le musulman, ne nous le cachons pas !

Plus tard, la même Clémentine Autain déclare péremptoirement qu’elle fait commencer l’Histoire de France à la Révolution, parce que « l’histoire de Gaulois c’est complètement délirant ! » Elle ajoute que le terrain de l’identité est « favorable à l’extrême droite et à la droite ». L’actuel engouement des Français pour leur passé serait donc un fascisme larvé ? Ne serait-il pas plutôt l’expression d’une peur légitime qui ne s’apaise qu’entre les bras d’une identité rassurante ?

Henri Guaino en profite pour rappeler judicieusement à madame Autain que « l’Ancien Régime, c’est aussi l’Histoire de la France ; [il] fait partie de notre identité ».

De son côté, Michel Onfray, fataliste, prédit que « notre civilisation est en train de s’effacer ». Il aura, par ailleurs, cette phrase pleine de bons sens adressée à un Benjamin Stora excédé : « Le manuel scolaire n’est pas la preuve de la vérité, c’est même plutôt la preuve de l’endoctrinement. » Endoctrinement visant à dénaturer l’identité française.

Ce débat a au moins montré une évidence : de nos jours, l’identité est indéniablement malheureuse en France, comme l’écrivait Alain Finkielkraut.

Charles Demassieux

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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