La gauche creuse sa tombe, aspirée par le vide

Publié le 28 Octobre 2016

La machine gouvernementale est devenue folle. D’un côté, le pouvoir réquisitionne, devant les télévisions du monde, autobus et gîtes pour disperser au fin fond des provinces les 7 500 clandestins de la "jungle" de Calais. De l’autre, il se montre incapable de maîtriser la révolte des policiers de base, qui manifestent depuis le 17 octobre contre les reculades de l’état de droit. D’un côté, l’asile pour tous est revendiqué par la gauche humanitariste qui mêle volontairement le réfugié politique et l’exilé économique, sans égard pour les fragilités du pays. De l’autre, le "vivre ensemble" interdit aux policiers une légitime défense adaptée à la dangerosité des missions. "Pour rentrer dans une cité, quand il suffisait d’être trois, aujourd’hui, il faut être quarante", explique Jean-Marc Falcone, patron des flics. Mais les bons apôtres récusent tout lien entre l’augmentation de la violence et celle de l’immigration : ils en veulent toujours plus. 100 000 demandeurs d’asile sont attendus cette année.

La gauche creuse sa tombe, aspirée par le vide. Il lui aura fallu lire les confidences cyniques de François Hollande à deux journalistes du Monde, dans un livre à succès, pour découvrir la fausseté du chef de l’État. Le fait qu'il n’a pas jugé utile de relire ses propos, qui consternent son camp, dit son excès de confiance. Atteint du syndrome du mamamouchi, le président donne lui-même chair à son verbe. Difficile néanmoins de ne pas déceler le côté suicidaire dans cet orgueil irraisonné. La fonction présidentielle sort éreintée de cette mise à nue. Le retrait de Hollande est maintenant suggéré, à commencer par Manuel Valls qui se prépare pour 2017. Cependant, l’effondrement du pouvoir dépasse la responsabilité de l'homme seul, d’ailleurs conforté par la forte baisse du chômage en septembre. C’est le système qui se meurt.

Les stratèges du dimanche, qui avancent l’alternative Ségolène Royal pour 2017, n’ont plus rien à proposer de neuf sinon des acteurs de l’ancien régime.

Ivan Rioufol

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Gauche, #Gouvernement

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