Les « sauvageons » de M. Cazeneuve ont encore frappé

Publié le 18 Octobre 2016

Les week-ends se suivent et se ressemblent. Le ministre de l’Intérieur n’a même plus besoin de se déplacer, il suffit de repasser en boucle ses déclarations : « Les auteurs de ces violences inacceptables sont activement recherchés et seront sévèrement punis. » Ben tiens.

C’est fou ce qu’ils sont impressionnés, les auteurs de « ces violences inacceptables » contre les policiers. La preuve : en dix jours, trois attaques massives et… aucune arrestation.

Le 8 octobre, c’est la tentative de meurtre contre les policiers en faction au carrefour du Fournil, près de La Grande Borne. On n’est toujours pas capable de nous dire combien d’individus sont impliqués, ni si l’enquête avance. Seulement que le piège était bien monté, et que les « sauvageons » – comme a osé les appeler le ministre de l’Intérieur -, avaient préparé leur coup pour que les policiers agressés ne puissent en réchapper.

Ce samedi 15 octobre, « de violents incidents » ont éclaté à Bastia à l’issue de la manifestation pour protester contre les condamnations à de la prison ferme de trois jeunes nationalistes (auteurs d’une attaque à la voiture-bélier contre la sous-préfecture de Corte le 1er avril 2012). Plusieurs dizaines de « jeunes »encagoulés, vêtus de combinaisons blanches, « ont lancé des cocktails Molotov sur les CRS et les gendarmes mobiles assurant la protection de la préfecture ». Qui se sont laissés faire, bien sûr, puisque à l’évidence ils avaient ordre de ne pas répliquer ! Dans la foulée, les jeunes en question ont incendié la poste centrale, des voitures en stationnement, un car de CRS et « plusieurs bâtiments ont également été touchés par les flammes, comme des banques », nous dit le communiqué.

Selon un scénario désormais bien rodé, Bernard Cazeneuve a dénoncé ces « violences inacceptables perpétrées par une cinquantaine d’individus encagoulés et lourdement équipés », qui ont attaqué la police « avec des cocktails Molotov et des objets métalliques ». Toutefois, qu’on se rassure : « Aucune interpellation n’a été effectuée dans l’immédiat. Aucun blessé n’a été signalé, malgré des scènes de violence impressionnantes. »

Ce même samedi, des agents de la BAC ont été appelés vers 22 h 30 dans la cité du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, pour « une fausse alerte » de voiture incendiée.

Un guet-apens, donc. C’est une centaine de jeunes qui les y attendaient et les ont attaqués à coups de cocktails Molotov et de projectiles divers. Même accueil pour les renforts. On nous précise qu’alors « les échauffourées se déroulent dans l’obscurité puisque les lampadaires sur la voie publique ont été cassés ». Et, là encore, le ministre est bien content. Dans son communiqué, il félicite les policiers « qui ont rétabli l’ordre public face à une centaine d’individus violents ». Et, selon la formule désormais consacrée, affirme que « les auteurs de ces violences inacceptables » sont activement recherchés. Et seront, bien sûr, lourdement punis. Parce que, c’est connu, il n’y a pas, en France, de zones de non-droit, etc., et bla-bla-bla.

On n’a quasiment pas évoqué, ce week-end, l’attaque de Mantes-la-Jolie. On a parlé de Bastia, parce qu’on pouvait prétendre trouver à cette émeute une forme de justification : c’est la Corse, ce sont les nationalistes – la culture locale, en somme. Mais à Mantes, c’était quoi, au juste ? La kermesse du quartier ? Une fête impromptue dans cette France qui se dit « en guerre » et s’apprête à livrer la grande bataille de Mossoul quand elle est totalement incapable d’assurer la sécurité des citoyens et de sa police face à 100 « jeunes » déterminés ?

Et pour le week-end prochain, qu’est-ce qui est prévu : un millier de « sauvageons » qui déferlent sur le cœur de Paris avec leurs cocktails Molotov et leurs bombes artisanales pour y faire un feu de joie ?

Marie Delarue

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Gouvernement, #France

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