Loi Egalité et citoyenneté ou comment faire taire Zemmour

Publié le 31 Octobre 2016

Dans la guerre qui l’oppose au réel, le politiquement correct est sur le point de gagner une bataille. Une loi au nom programmatique, “Egalité et citoyenneté”, déposée par une secrétaire d’Etat au nom non moins programmatique, “Egalité réelle” (on se croirait dans 1984 de Orwell), est en train de défaire la loi de 1881 qui définissait les libertés et responsabilités de la presse française.

Depuis quelques années, un certain nombre d’intellectuels (Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Pascal Bruckner, Chantal Delsol, Denis Tillinac...), d’écrivains (Michel Houellebecq, Philippe Muray...) et de journalistes (Eric Zemmour, François d'Orcival, Brice Couturier...) avaient, en abordant certains sujets (insécurité, communautarisme, émigration...) osé enfreindre les codes du politiquement correct et donc lever le couvercle de la chape de plomb qui étouffait le monde des idées. Plutôt que d’aggraver la situation en “jetant de l’huile sur le feu” comme leur reprochaient leurs adversaires, ils avaient tout simplement exprimé tout haut ce qu’une majorité de Français pensaient ou vivaient tout bas. De ce simple fait, ces intellectuels et journalistes avaient contribué au débat démocratique, en accompagnant une nécessaire prise de conscience et une amorce de réflexion, conditions nécessaires au règlement de problèmes qui minent notre pays et polluent la vie de nos concitoyens.

Cette libération de la parole avait entraîné une vague de panique parmi les censeurs de la parole autorisée. Le dogme du politiquement correct n’avait jamais convaincu personne, mais il avait étouffé la capacité à dire et à nommer. Or, sous la pression croissante, le couvercle ne pouvait plus être maintenu.

Pour endiguer cette vague grandissante, le pouvoir socialiste, dont on sait la propension à euphémiser par le langage (c’est notre novlangue d’aujourd’hui) et les accointances avec le clergé de la bien pensance, contre-attaque. Si la loi “Egalité et citoyenneté” est en effet votée, les journalistes et éditorialistes qui traitent de sujets “sensibles” (comprendre : Islam, émigration) pourront être pénalement poursuivis, sans délai de prescription par des associations.

Face à cette menace, le 6 octobre dernier, 20 sociétés de journaliste (Le Figaro, Le Monde, Les Echos, Libération, L’Humanité, Mediapart, Le Point, Télérama, L’Obs, TF1, France 2, BFM, iTélé/Canal+, France 24, Europe 1, RTL, RFI, Capa, Premières Lignes, Alternatives économiques, l’AEF, Bastamag et l’agence TV presse productions) ont fait part de “leur vive inquiétude”. C’est dire la gravité de la menace.

Albert Camus, qui fut journaliste à Combat et connaissait le poids de la censure, écrivait : “Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde”. Afin de faire oublier leur incapacité idéologique à aborder certains sujets régaliens, les socialistes nous proposent de ne plus les écrire, de ne plus les dire, de ne plus les décrire, ou de le faire mais sous la menace permanente d’associations militantes, largement financées par nos impôts et persuadées d’incarner le Bien. Gageons que l’alternance à venir saura corriger ce texte liberticide et lever la menace qui planne sur ceux qui nous aident à comprendre le monde.

 

Valéry Denis

Adjoint au maire de Troyes

Conseiller départemental de l'Aube

centriste-et-sarkozyste.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #medias, #France

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Vent d'Est, Vent d'Ouest 31/10/2016 12:40

"Égalité réelle" : ce n'est pas faux, c'est l'égalité vue par la gauche.