Poussés à bout, les policiers manifestent

Publié le 19 Octobre 2016

Jean-Marc Falcone Directeur Général de la police NationaleDans la nuit du 17 au 18 octobre 2016 des centaines de fonctionnaires de police en tenue et en civil se sont regroupés devant l’hôpital parisien où le jeune Vincent, adjoint de sécurité grièvement brûlé par un projectile incendiaire à Viry-Châtillon, est toujours hospitalisé.

La manifestation surprise s’est ensuite poursuivie sur les Champs Elysées, et les forces de l’ordre ont entonné l’hymne national. En ligne de mire : le soutien à leurs collègues blessés en service, et l’expression d’un « ras-le-bol ».

Cette initiative des policiers, rarissime mais qui n’est pas sans précédent, est sans doute la première d’une longue série, tant les forces de l’ordre sont à cran. L’expression pacifique de leur colère légitime semble bien accueillie par la population, mais a été immédiatement condamnée par voie de presse par Jean-Marc Falcone, Directeur Général de la Police Nationale, qui l’a jugée « inacceptable« .

 

Pire encore, le Directeur Général de la Police Nationale Jean-Marc Falcone, a ordonné une enquête contre les fonctionnaires de police ayant participé à la manifestation, afin de pouvoir les sanctionner !

Ce qui est inacceptable, pourtant, c’est la violence à laquelle sont confrontées de manière récurrente les forces de l’ordre, confrontées à des individus déterminés dont la volonté de tuer est indéniable, qualifiés pourtant de simple « sauvageons » par Bernard Cazeneuve.

Ce qui est inacceptable, c’est d’en arriver à confier à un équipage de police générale la mission de surveiller une caméra de surveillance (SIC) dans un quartier sensible, alors que des équipages spécialisés tels que la Brigade Anti-Criminalité (BAC) auraient pu être employés dans le but d’interpeller en flagrant délit les auteurs des dégradations à répétition.

Ce qui est inacceptable, ce sont les directives données de ne pas intervenir dans certains quartiers de peur de déclencher des émeutes (qui ont lieu tôt ou tard malgré tout), renforcant le sentiment d’impunité d’une catégorie de personnes que rien ne dissuade de passer à l’acte.

Ce qui est inacceptable, c’est la pression hiérarchique exercée sur les fonctionnaires de police lorsqu’ils tentent de faire leur travail de protection des personnes et des biens, comme le prouvent les 48 fonctionnaires de police poursuivis devant l’Inspection Générale de la Police Nationale (« police des polices ») en marge des violences urbaines qui se sont déroulées à Rennes et Nantes pendant les manfestations contre la Loi Travail.

Ce qui est inacceptable, ce sont les ordres à géométrie variable qui sont donnés aux fonctionnaires de police en fonction de l’orientation politique des citoyens auxquels ils sont confrontés en opération de maintien de l’ordre.

Ce qui est inacceptable enfin, ce sont les quatre policiers qui décident en moyenne de mettre fin à leurs jours chaque mois alors que Bernard Cazeneuve avait annonçé à grand renfort de médias la mise en place d’un plan national de suivi des risques psycho-sociaux au sein de l’institution : du vent, une fois de plus.

Par conséquent, il convient de s’interroger quant à la réaction du Directeur Général de la Police Nationale, qui ne semble pas faire du soutien à ses troupes une priorité, confirmant ainsi l’une des raisons de leur colère légitime.

S’il juge l’expression de cette colère, pourtant pacifique, qu’attend-il pour démissionner ?

Sébastien JALLAMION

ripostelaique.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

Commenter cet article