Quelque chose de pourri au royaume de Hollande

Publié le 22 Octobre 2016

Hollande est un pourriÀ force de confessions intimes et de bavardages inutiles, le chef de l’État creuse la tombe de son quinquennat, mais aussi de l’institution présidentielle.

La geste de Saint Louis nous est parvenue grâce aux écrits de Joinville. Le règne de Louis XIV a été chroniqué par le duc de Saint-Simon. Quant à Napoléon, il s’est confié au comte de Las Cases pendant son exil à Sainte-Hélène. François Hollande, qui, à force de cynisme, ne fait confiance à personne, a cru qu’il valait mieux qu’il tire lui-même le bilan de son quinquennat. C’est ce qui nous vaut d’être accablés de ses confidences livrées à plusieurs duos de journalistes pendant des heures et des heures de rencontres. Pas moins d’une centaine de rendez-vous ont ainsi été accordés par le chef de l’État à ceux qui attendaient de lui un bon mot, une saillie contre telle personnalité de l’opposition, une imprudence sur la magistrature ou une déclaration de mort du Parti socialiste. Les Français le croyaient au travail, à s’occuper des conséquences du Brexit pour l’Europe, à réparer le moteur franco-allemand ou à lutter contre le chômage. Eh bien, non ! Le président parlait de lui à des journalistes. Il allait même dîner chez eux, pour prolonger cette inaction aussi longtemps que possible. Et pendant ce temps, en l’espace de deux ans, l’un de ses anciens ministres de l’Économie n’a pas eu droit à plus de neuf audiences, pour parler de sujets a priori plus sérieux, comme Alstom, Areva, l’avenir d’EDF ou le défi cit de l’assurance chômage. Ainsi va la France depuis mai 2012.

Tout cela pourrait rester aussi anecdotique que ce qu’est devenue la cote de popularité de François Hollande. N’est pas Joinville ou Saint-Simon qui veut, et bientôt ces livres disparaîtront des étals des libraires pour finir au pilon et produire du papier recyclé. Le problème, c’est qu’il restera tout de même le pire, c’est-à-dire la banalisation, le ridicule et la perte de crédibilité de la parole présidentielle. Pour un François Hollande, cela peut paraître insignifiant. Mais pour le pays, pour nos institutions et pour le bon fonctionnement de l’État, c’est essentiel. Déjà, depuis le septennat de Valéry Giscard d’Estaing et son refus de porter le collier de grand maître de la Légion d’honneur lors de la cérémonie d’investiture, la fonction présidentielle a perdu ce qu’elle avait de “sacré” auprès des Français. Un à un, chacun de ses successeurs a enfoncé un coin supplémentaire dans ce lien si particulier qui lie chaque Français avec le président de la République. Un lien qui fonde en grande partie notre contrat républicain et toute société de confiance. Dès lors qu’il n’y a plus de respect possible du peuple à l’égard de son monarque et que ce dernier fait preuve d’un mépris aussi profond envers sa fonction, envers ses ministres et envers ses concitoyens, c’est une entaille dramatique qui est portée à nos institutions.

Dans deux cents jours environ, François Hollande aura — en principe — quitté l’Élysée, balayé par son impopularité, par le bilan désastreux de ses cinq années au pouvoir et par la trahison de ses anciens amis. Mais son départ ne réglera pas tous les problèmes. À commencer par ce recul de l’autorité dans notre pays. Recul de l’autorité dans les moindres villages de France, où les gendarmeries vivent les volets fermés pour éviter les jets de pierre. Recul de l’autorité dans une région où une poignée de “zadistes” empêche de construire un aéroport qui a été largement souhaité par un référendum. Recul de l’autorité d’un président de la République qui se fait ridiculiser en direct sur les chaînes d’information par une Leonarda qui entendait lui fixer les conditions de son retour en France. Tous les candidats de la droite et du centre qui ont débattu, jeudi dernier, ont exprimé leur voeu de restaurer l’autorité de la République. Sans dire comment. Tout simplement parce que l’autorité ne se décrète pas. Elle se reconstruit pas à pas. Dans le silence et avec détermination. Comme l’expliquait le général de Gaulle : « L’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans l’éloignement. »

Yves de Kerdrel

valeursactuelles.com

Rédigé par La rédaction

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